Londres la grande se lamente dans un cri de douleur mais je vais la purifier en éliminant les basses classes, ces symboles de déchéance et de corruption.


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 Spiritisme au manoir Powell

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Médium Véreux
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Médium Véreux

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MessageSujet: Spiritisme au manoir Powell   Mar 14 Déc - 12:59

C'était une nuit noire et orageuse telle que Dominique les appréciait. L'orage n'allait pas tarder à éclater, ajoutant la touche finale à la petite mise en scène qu'il avait si habilement orchestré. Invité à séjourner au manoir de la famille Powell, il était là pour offrir un spectacle à la mesure de ses hôtes. A savoir : grotesque et pathétique.
La famille Powell souffrait du décès tragique de leur fille adorée, survenue au courant de l'été. Officiellement, la jeune fille s'était accidentellement noyée dans le lac qui se trouvait a proximité de la demeure familiale, mais comment chacun le sait, la vérité était tout autre et soigneusement enfui, tel un secret honteux que l'on chercherait à dissimuler à tout jamais. Obligée à un mariage qui lui faisait horreur avec le Duc de Birmingham, la jeune fille avait préféré mettre fin à ses jours, préférant ainsi risquer de jeter l'aprobe sur sa famille que de leur rendre leur prestige passé par cette union. Stupide péronnelle ! Mettre ainsi fin à sa vie pour une simple question de mariage, il n'y avait vraiment que les pauvres petites filles riches qui ignoraient tout de la vie pour agir aussi stupidement. La vie n'était pas un conte de fée et le prince charmant n'existait pas ! Tout ceci n'est qu'une vaste supercherie, alors donner sa vie pour une chimère n'était-ce pas là pathétique ?
Le père n'était pas en reste ! Lord Powell, est issu de la riche aristocratie, mais, comme la plupart des nobles, il n'a plus que son nom et son titre, pour faire illusion. Les caisses étaient vides depuis fort longtemps et il comptait sur le mariage entre la famille Powell et Birmingham pour sortir de ce marasme financier et mener à nouveau ce train de vie qui commençait à lui faire défaut. Malheureusement pour lui, tous ses beaux projets venaient de disparaître en fumé en même temps que celle qui aurait du lui ouvrir les portes du paradis. Un sourire moqueur s'afficha sur les lèvres de Dominique. Relativisons, les caisses n'étaient pas si vide que ça, puisqu'il avait encore les moyen de s'offrir ses services. D'ailleurs, le médium s'était octroyé un petit supplément. Non pas que le service demandé apportait une quelconque difficulté, bien au contraire, puisque Dominique n'avait aucunement l'intention d'utiliser ses véritables pouvoirs pour « ça », disons simplement qu'ainsi, ce stupide noble payait sa tranquillité d'esprit et entendrait ce qu'il aurait envie d'entendre.
Si l'homme avait fait appel au plus populaire des médiums ce n'était pas pour savoir si ça fille, connaissait les tourments de l'enfer où lui faire communiquer un quelconque message post-mortem incluant ses regrets. Non, tout ce qui intéressait notre homme c'était qu'elle ne lui en veuille pas, qu'elle lui ait pardonné et qu'elle ne le précipite pas en enfer par une quelconque vengeance ! Le noble Seigneur ne voulait pas aller en enfer ? Il payerait donc chèrement sa place au paradis et sa tranquillité d'esprit
Dominique détacha son regard de la fenêtre et de la pluie qui s'abattait à présent contre les fenêtres. Tout le monde était arrivé, ils allaient donc pouvoir commencer. Ses petites pratiques étant interdites par l'Eglise, il n'était pas recommandé pour quiconque souhaite y avoir recours, de faire ça à la vu et au sus de tous. La séance de spiritisme allait donc se dérouler en petit comité. Seul la famille et des proches de la défunte avait été convié. Il y avait en tout 5 personnes. Les parents, la soeur aînée, venue sans son époux, qui était surement dans l'ignorance de ce que sa femme s'apprêtait à faire, un cousin et enfin une femme à la beauté sculptural et féline, qui n'était pas pour déplaire au célèbre médium.
Le spectacle allait pouvoir commencer ! Dominique s'avança vers le centre de la pièce où il avait dressé une sorte d'autel. Dans un geste théâtrale, aussi élégant qu'exagéré, il retira la nappe qui recouvrait la table laissant apparaître une petite table ronde sur laquelle était dessiné un pentacle. En son centre, une boule de cristal et un peigne ayant appartenu à la défunte. Si la maîtresse de maison eut un mouvement de recul inquiet, il n'en n'était rien de la beauté qui l'observait avec un certain amusement et un calme olympien. Dominique lui rendit un bref sourire avant de poursuivre

- Pour cette séance, j'ai préparé un trépied en bois d'olivier, orné du pentacle. En son centre une boule de cristal et un objet ayant appartenu à la défunte. A présent, si vous voulez bien vous avancer.

D'un geste de la main, il invita les personnes présentent à le rejoindre autour de la table. Tous obéirent en s'avançant d'un pas mal assuré vers cette simple table la table, qui semblait déjà les impressionner. Que les nobles étaient crédules ! Un rien suffisait à les troubler ! Ils avaient perdu de leurs superbes, eux, si arrogants, qui étaient tout excités à l'idée de faire quelque chose d'interdit. Dire que cela ne faisait que commencer...

- Donnez-vous tous la main. Bien, nous pouvons commencer. Je vous en prie, veuillez ne pas faire de bruit et ne pas lâcher vos mains tant que l'esprit que j'aurai invoqué sera parmi nous. Sinon, je ne garantis rien de ce qui pourrait se produire. La séance est ouverte !
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Arcane Majeur
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Arcane Majeur "La Papesse"

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MessageSujet: Re: Spiritisme au manoir Powell   Jeu 16 Déc - 15:16

Une semaine ennuyante allait s'achever, Selene n'avait rien eu d’intéressant à faire et avait du garder le manoir des Orsay en l'honneur de ce sombre et ironique deuil qu'elle se devait d'observer. Le luxe et l’opulence ainsi que l'argent à flot l’assommaient d'avance... Comme d'habitude, elle avait visé trop haut. Sa fortune était certes faite et bel et bien gravée mais elle était faite pour la rue, pour le danger. L'enfermement lui déplaisait au possible. Tournant comme un lion dans sa cage elle se pencha de nouveau sur les nombreuses invitations qui recouvraient presque entièrement son buffet et celles bien sur auxquelles elle ne pourrait se rendre. Opéras, ballet divers... Le choix était large, dénué d’intérêt certes, mais même écouter parler un clochard lui semblait intéressant maintenant. Une missive attira son attention. Elle était encore cachetée, peut-être avait elle échappée aux mailles du filet. Sa famille au 3eme degré et par alliance l'invitait à une "séance de spiritisme" animée par un quelconque charlatan. Le spiritisme était une pratique complètement interdite par la sainte église d'Angleterre... Cela se ferait donc à couvert. Personne ne la verrait d'autre que les Powell qui en dépit de son deuil l'avaient conviés... Cela signifiait qu'elle pouvait s'y rendre si elle prenait un minimum de précautions quant à sa discrétion. Ce ne serait un problème. Sortant à la hâte du bureau et hurlant des ordres à droite à gauche, la Lady gravit les marches quatre à quatre, trop heureuse d'enfin sortir de sa luxueuse prison. Se parant à la hâte sans oublier le code vestimentaire qui lui était de rigueur, elle devait un peu avoir l'air d'une folle hirsute. Les domestiques s'exécutaient, peu habitué à cette nouvelle forme d'autorité. Rapidement prête elle descendit, monta dans la voiture qui l'attendait et qui partit au galop. Le trajet fut tout aussi rapide que Selene à s’apprêter. S’affichant un air de détresse profonde saupoudrée d’un soupçon de compassion la Papesse descendit et se joignit à sa lointaine parente. Elles échangèrent quelques mots sans importance ni intérêt et enfin Selene se laissa guider. Bien entendu, la séance se déroulerait à huit-clos. Voila que Mrs Powell lui accrochait le bras en tremblant … Seigneur quelle idiote … Finalement Lady Orsey se demandait se qu’elle fichait là au milieu d’idiots s’amusant avec la mort. Bien sur son expression était tout fait illisible elle semblait simplement… neutre ? … Une pluie orageuse commençait à s’abattre, le temps était merveilleux, le ciel zébré d’éclairs argentés. A la réflexion Selene serait bien restée dehors … Mais il n’était plus question de changer d’avis. Elle se dégagea de l’emprise de Mrs Powell et descendit l’escalier indiqué pour se retrouver dans une pièce ronde entièrement remplie de cette ambiance d’interdit et d’excitation précédant les actes blâmés par l’église. Avec sa royale indifférence, Lady Selene salua les autres personnes présentes. Le médium était de dos. Sa posture n’était pas celle d’un quelconque abruti des rues se croyant doté de pouvoirs démoniaques. De toutes évidence les Powells avaient du engager quelqu’un qui avait déjà fait ses preuves… Attendons cela… L’homme se tourna. Selene ne put que constater sa beauté et sa jeunesse. Bien sur elle ne le regarda que quelques secondes, et son regard était voilé ses longs cheveux.
Le médium passait aux explications. Il semblait réellement s’y connaitre, son apparence physique n’était visiblement pas son seul don [ HS : lol, je n’ai pas pu m’en empêcher ]. Selene fut sortie de ses pensées par un petit coup dans les hanches, cette abrutie de Mrs Powell venait de l’empêcher de passer pour une idiote en lui permettant de se concentrer de nouveaux. Ce qui ne fut maintenant pas une aisée mission. Powell toujours dans sa jupe, Selene se concentra vers l'autel improvisé. Encore une fois cette vieille Powell se faisait remarquer... Ridicule. Un sourire moqueur sur les lèvre, la Lady ne lâchait désormais plus des yeux l'étrange jeune homme concentré sur son travail. Il semblait tellement convaincu par ce qu'il disait que pourquoi ne pas le croire ? Elle en demeurait tout de même blasée, il n'y avait strictement rien d’excitant à rappeler des morts, et ce ne serait certainement pas sa pupille qui dirait le contraire. Enfin tel était le jeu. Elle s'y prêta, ses mains tenus par les deux Mrs Powell (l'une ayant abandonné ce nom après le mariage, mais elle n'en restait pas moins une par le sang, et elle ressemblait de façon alarmante à sa pauvre mère...). Selene se trouvait face à l'attirant jeune homme. Bien sur maintenant elle se méfiait, s'il possédait un quelconque talent pour cet art occulte il était impossible qu'Alexis Hargreaves n'eut-été au courant... De plus, ce calme était inquiétant. Elle ne le lâcherait pas des yeux de toute la séance quitte à être prise pour une amoureuse transie. Bien sur, elle se sentit obligée de lui montrer. C'est pour cela qu'elle lui sourit avec arrogance.


(j'étais bloquée, si tu ne t'en sors pas avec ma fin, mp ? =) )
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Médium Véreux
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Médium Véreux

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MessageSujet: Re: Spiritisme au manoir Powell   Jeu 23 Déc - 15:40

Qu'avons nous là ? Un couple de noble si crédule, qu'il pourrait s'effrayer en apercevant leur ombre, tourmenté par la disparition tragique de leur fille adorée. Ou peut-être serait-il plus juste de dire, par la perte d'un avenir qui leur aurait assuré tout le confort que cette dernière aurait pu leur offrir, si elle avait consenti a épouser l'homme qu'ils lui avaient choisi au lieu de mettre fin à ses jours. La mort lui semblait donc plus attrayante que cet homme, qui, à ce que l'on disait, avait deux fois son âge ? Pauvre idiote ! La mort était la fin de tout, un mariage ce n'est qu'un compromis avec lequel il est toujours possible de s'arranger !
Toujours est-il que ses parents avaient fort mauvaise conscience et craignait un retour de bâton... étrange. Juste pour un mariage arrangé ? Ne cachaient-ils pas autre chose ? Dominique devait reconnaître que ça l'intriguait, et pour peu, invoquerait bien l'esprit pour satisfaire sa curiosité, mais à quoi bon de toute manière ! Les squelettes cachés dans les placards de ces nobles ne l'intéressaient aucunement ! Seul comptait leur argent ! Et s'ils étaient prêt à se faire plumer pour avoir bonne conscience, Dominique se ferait un plaisir de les exaucer !
Il y avait aussi la soeur aînée, Elizabeth, qui était aussi austère que fade. Et si sa jeune soeur, à ce qu'il avait pu en voir sur une photo, avait tout de la fraicheur de la rosée, son aînée était une rose décrépie depuis fort longtemps. Toutefois, comme toutes les vieilles filles frustrée, la jeune femme n'avait pas été insensible à l'intérêt qu'il avait feint de lui porter. Cela lui avait permit, non seulement d'en savoir un peu plus sur la disparue, mais aussi, de peaufiner le spectacle de la soirée qu'il avait si minutieusement préparé ! Il y avait aussi ce grand gaillard, un cousin, que Dominique n'aimait pas. Derrière son allure un peu niaise, au regard faussement complaisant, il avait tout le profil d'un arriviste de premiere, surement venu ici pour assouvir sa curiosité malsaine.
Et pour finir et non des moindre, il y avait cette femme, à la prestance et au charme indéniable. Incontestablement, la personne la plus intéressante de ce petit groupe de bourgeois. Contrairement aux autres, elle semblait faite dans un autre bois. D'apparence, elle avait tout d'une de ces élégantes, au regard arrogant, mais il pouvait déceler en elle autre chose. De la force, et, même s'il n'avait pas encore eut le plaisir de lui parler pour pouvoir l'affirmer, un esprit intelligent et rusé. Il la soupçonnait d'être pleine de ressource et de surprise, et avait très envie de découvrir cela par lui-même. La belle portait des habits de deuil, mais il doutait fort que ce fut pour honorer la mémoire de celle qu'il était censé rappeler d'entre les morts. Un proche ? Parent peut-être ? Un enfant ? Ou qui sait, peut-etre bien un mari ?
Le regard claire et envoutant de la jeune femme ne le laissait pas indifférent, et même la regarder, il pouvait sentir son regard posé sur lui. Un regard insistant qui, pour une Dame de sa condition, devait paraître bien inconvenant aux yeux de sa famille, mais qui, en ce qui le concernait, était loin de lui déplaire. Son attitude ne faisait que confirmer cette impression qu'elle lui avait donné lorsque leurs regards s'étaient croisés. Elle avait du caractère. Elle possédait un tempérament que les conventions n'étaient pas encore parvenus à étouffer et à vrai dire, à présent, ceci lui donnait encore plus envie de faire sa connaissance.
Un éclaire zébra le ciel obscure de la nuit, illuminant soudainement dans un bruit de tonnerre, la petite pièce intimiste, qui jusqu'alors, était plongée dans une obscurité ambiante. Mme Powell sursauta lorsque le tonnerre éclata violemment avant de pousser un petit cri strident. Cette vieille bique faillit rompre le cercle pour poser sa main dodue sur sa poitrine opulente, mais la belle Lady l'en empêcha en maintenant fermement sa main dans la sienne. Elle l'observait toujours avec intérêt, mais fort heureusement pour lui, Dominique n'était plus un novice, bien au contraire. Il était un maître dans son art et pouvait l'exercer avec plusieurs paires d'yeux braqués sur lui, sans se faire démasquer, à moins... d'être soi-même un maître dans l'art de la tricherie. Seul un arnaqueur pouvait reconnaître un arnaqueur. D'ailleurs, Le Comte des Poisons n'en n'était-il pas la preuve ? Un fin sourire amusée se dessina sur son visage en repensant au jeune Comte. Mais l'heure n'était pas à ses réflexions, il avait un travail à effectuer, et son public était prêt pour assister à son show

- Oh, toi, esprit de Lady Suzanna, apparaît en ce cercle, à la demande de tous tes proches qui désire te revoir.

La table se mit alors à trembler pendant que certains objets présents dans la place se déplacèrent soudainement, comme si, l'appel de Dominique venait de réveiller quelques esprits frappeurs. Le cousin perdait de sa superbe, Mme Powell était au bord de l'évanouissement, Mr Powell jetais des regards inquiet comme si le spectre de sa fille allait soudainement surgir derrière lui pour le poignarder, meme la majestueuse Lady sembla, durant un instant, fort surprise.

- "Je le veux et l'exige", fit-il en posant son regard furtivement sur la soeur, avant de glisser sur la belle Lady, apparaît devant nous

Un nouvel éclaire, des vibrations encore plus intense et soudain... l'obscurité totale. La lumière qui émanait des deux candélabres s'éteignit et le calme revint. Même s'il ne pouvait pas clairement les voir, Dominique imaginait très bien la réaction de ses hôtes. Tous devaient s'échanger des regards anxieux, en cherchant à comprendre ce qui venait de se passer. Puis, la voix d'Elizabeth se mit à résonner dans la pièce. Ce n'était pas sa petite voix fluette habituelle. Son intonation était différente, comme sortie d'outre-tombe

- Aaah...ah.... mes chers parents....

- Su... Suzanna ? Bégaya le père surprit sous le regard satisfait de Dominique

- Pourquoi a-t-on troublé mon sommeil ? Qu'est-ce que je fais ici ?

- Lady Suzanna, Vos parents sont entrés en contact avec moi, afin que je les aide à communiquer avec vous. Ils sont inquiets, et éprouve beaucoup de peine quand à votre disparition

- Mes chers parents, je regrette sincèrement toute la peine que je vous ai causé

- Ma petite Suzanna, se mit à pleurer Mme Powell

- Tu... tu ne nous en veux pas ?

Vous êtes mes chers parents, même au-delà de la mort, comment pourrais-je vous en vouloir ? C'est moi qui regrette de vous avoir causé tant de peine

- Ma Suza...

Bien, les effusions de sentiment avaient assez duré, jugea Dominique, en levant le bras dans un mouvement ample prêt à faire disparaître l'esprit qu'il avait soi-disant invoqué
C'est alors qu'Elizabeth leva son regard vide en direction de son cousin. Là il y avait un problème. Dominique le comprit instantanément. Jusqu'à présent, Elisabeth avait parfaitement fait tout ce qu'il lui avait demandé sous hypnose. Les parents étaient libéré du poids qui alourdissait leur conscience, et lui, qui avait répondu à leurs attentes, allait repartir avec un bon paquet d'argent. Il n'était nul question de chercher véritablement à invoquer l'esprit de cette fille. Malheureusement, cette dernière sembla avoir été réceptive à ses préparatifs, et venait de se manifester

- J'ai froid... Il fait froid... l'eau m'entraine.... mes jupons sont lourds... je... je n'arrive pas à remonter à la surface. Pourquoi tu ne m'aides pas ? Pourquoi as-tu fais cela ? Demanda-t-elle à l'adresse de son cousin

Ce dernier avait blêmit avant de reculer en tremblant, comme si le diable en personne venait d'apparaitre devant lui pour le chercher

- Ne rompez surtout pas le cercle ! Lui ordonna fermement Dominique

Mais il était trop tard ! L'homme lâcha les mains et s'enfuya en direction de la fenetre. Il eut un éclaire, puis des cris, et le bruit de carreaux brisés, puis... plus rien.

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Arcane Majeur
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Arcane Majeur "La Papesse"

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MessageSujet: Re: Spiritisme au manoir Powell   Mer 19 Jan - 15:12

L'ambiance était magnifique. L'orage grondait dehors, illuminant de temps à autre la pièce circulaire de la lumière blafarde de ses éclairs. Le tout dans une pesante atmosphère.
Souriant toujours avec ironie la Papesse se laissait peu à peu envahir par ce sentiment bien connu des fanatiques et autres esprits torturés aimant jouer avec des forces qu'ils ne contrôlaient pas. Les yeux toujours rivés sur le jeune homme traitant son emploi d'une main de maître elle songeait aux futures réactions des Powells. De toute évidence la sœur de la défunte n'en avait cure, bien évidement. Elle hériterait seule des biens de papa... Pathétique. Pauvre enfant, on avait sacrifié la mauvaise. La vieille Powell toujours attachée à son bras commençait à lui peser sérieusement. La vieille, en plus d'être semi sénile était d'une lâcheté à peine croyable; à peine le médium commençait le rituel qu'elle tenta de s'enfuir en brisant le cercle.
Quelle idiote ! Tout aurait pu rater... Sentant son bras glisser, Selene la retint, ignorant son pauvre regard apeuré et lui en renvoyant un cruel, envoyant, l'espace d'une seconde, valser sa couverture. Elle ne sut si la pauvre prit peur mais toujours est-il qu'elle obtempéra à regret, mais sans émettre la moindre protestation. L’idiote tremblait toujours comme une feuille. Réveillant le grand sadisme de Selene qui luttait désormais pour ne pas rire. Le médium, imperturbable continuait d’œuvrer, pour reprendre sa concentration, la Papesse continua de l’observer. Elle avait rarement vu chez quelqu’un tant de beauté, elle n’était pas uniquement dans les trait ; l’objet d’une telle observation semblait posséder un brin de malice et surtout une grande intelligence. Méfiance. Même s’il ne semblait pas tout à fait dangereux, il émanait de lui une sorte de détermination sous des apparences inoffensives. Dans la pièce, les objets tremblèrent, sortant Selene de ses réflexions. Gagné, il était doué ! Cela signifiait donc plein de choses… Qui hormis le card master rassemblait charlatans et semi-monstres ? Elle surprit furtivement le regard du médium sur son visage. Zut. Instantanément elle reprit son masque. Il était tout de même trop tard.
Un climat de terreur envahissait l’espace. La voix de (feu) Suzanna envahissait la pièce. Voila qui était intéressant. Tous tremblaient. Cette morte ne faisait peur à Lady Selene. Pour une fois, elle n’avait strictement rien à y voir. Au diable les coupables imbéciles que la défunte avait nommé « père » et « mère » puisqu’ils étaient assez sots pour souhaiter obtenir rédemption… On ne joue pas avec les morts impunément… Visiblement elle était magnanime, elle leur pardonnait. Stupide de son vivant, stupide dans la mort c’était ainsi. Toujours songeuse et ne prêtant attention à rien d’autre, Selene fut encore une fois sortie de ses pensées par Elisabeth… Elle s’adressait à son cousin. Un homme fade qui semblait visiblement à peine avoir compris comment respirer. L’ex miss Powell déblatérait un charabia absolument incompréhensible aux oreilles de la Papesse. Elle avait visiblement perdu l’esprit… Ou au contraire l’avoir retrouvé. Mrs Powell agrippait son bras avec une rare force pour les siens peu musclés. Elle était peureuse, c’était un secret de polichinelle mais là, cela dépassait tout entendement. Quelle autre lourde faute pesait sur cette famille apparemment maudite ? En réalité c’était merveilleux. Le mystère et les bêtises diverses de la noblesse Londonienne divertissaient la papesse.
Le pauvre cousin fut comme prit de folie. Une ombre passa dans ses yeux, ombre Ô combien familière pour Selene qui se plaisait à la semer. La mort viendrait bientôt quérir ce sombre pécheur. N'écoutant mot à l'avertissement du médium, il se détacha du cercle, s'enfuyant comme une âme en peine. Quelques minutes plus tard, il était mort.
C'est alors que l'ambiance changea radicalement. La vieille Powell n'en pouvant plus, s'évanouit. Selene la laissa au sol, consternée... C'était ridicule tout ceci.
Qu'était-elle censé feindre ? Le désarroi ? La colère ? Ce tissus de bêtise commençait à révéler son vrai visage. Elle avait reprit son regard glacial ne trouvant rien de tout cela amusant. La mort de l'homme ne la concernait et gênait absolument pas, elle s'en fichait éperdument; en revanche elle se sentait prise au piège et vulnérable.
Mais peut-être aurait-ils dû l'être tous bien avant que la séance ne commence. Employer quelqu'un qui savait y faire était très dangereux. Surtout quand l'on était aussi abruti que cette famille. Toujours en retrait, n'affichant aucune expression particulière, la Lady se rendait compte qu'hormis Mrs Powell évanouie, le suicide n'avait suscité absolument aucune réaction. Comme s'ils s'y étaient préparés. Ou pire, comme s'ils l'avaient orchestré. Visiblement, seule la vieille n'avait été mise au parfum. Pour épargner ses nerfs ? Selene en doutait très fortement. La raison devait tout simplement être qu'elle n'avait strictement rien remarqué d'étrange trop occupée à pleurer d'amères et pathétiques larmes sur le corps de sa benjamine. A quoi aurait-il servi de lui donner une raison de plus de se plaindre à tout vent ? A en croire les regards qui s'échangeaient entre le paternel et le médium, les deux savaient exactement de quoi il s'agissait.
Et merde... Elle se retrouvait la seule complètement inconsciente de la situation... Ce qui était ni plus ni moins un comble. Se contenir... Se contenir. A quoi aurait-il servit qu'elle cède à ses criminelles et destructrices pulsions ? Prendre le risque qu'un survivant ruine toute son ascension vers la noblesse ? Non, il en était hors de question... Quoiqu'ils étaient à huit-clos ...
Après courte réflexion, elle devait juste savoir ce qu'il venait de se produire. Remontant délicatement la lame de son fidèle poignard qui avait malencontreusement (bien sur) glissé dans sa manche elle décida de feindre la bêtise, histoire de se mettre à niveau. Et s'adressant à la pauvre soeur de Suzanna dit de sa voix la plus innocente:

- Vous disiez ma chère ?


Puis elle lança un regard appuyé au médium qui, elle en était certaine, avait eu le temps de voir l'éclat de sa lame avant qu'elle ne disparaisse de nouveau sous le tissus.
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MessageSujet: Re: Spiritisme au manoir Powell   Mer 16 Fév - 12:18

(Cette fois, c'est moi qui m'excuse pour l'attente, j'ai eu un peu de mal à boucler le poste, car je n'étais pas satisfaite de ce que j'avais écris. J'espere cependant qu'il te plaira quand meme)




La tension était à son comble. Lady Suzanna s'était adressée à son cousin, qui semblait avoir quelques causes dans sa disparition. Il était présent lorsqu'elle s'était noyée, et l'avait regardé sans lui venir en aide. Le regard perçant de Dominique s'était posé sur lui, dur, froid, insensible. Plus l'esprit parlait et plus ce grand dadet perdait de sa superbe. Nul doute qu'il avait participé à cette séance de spiritisme pour s'assurer qu'il ne s'y passerait rien, et c'est d'ailleurs bien ce qui avait faillit se passer. Si l'esprit ne s'était pas manifesté de lui-même, rien de tout ceci ne serait sortie. Maintenant qu'il se voyait pointer du doigt, le cousin, se mit à blêmir, tandis que ton son être était prit de tremblement qu'il ne pouvait maitriser. Sa culpabilité était évidente et transparaissait sur chaque pore de sa peau.
Dominique avait l'habitude de ce genre de scène, il pouvait même prédire ce qui allait se passer. Le coupable allait chercher à prendre la fuite, et en brisant le cercle, briserait la seule protection qui pourrait le défendre contre l'esprit de la défunte. Sans attendre, Dominique lui ordonna de ne surtout pas briser le cercle ! Non pas qu'il désirait particulièrement le protéger, ou que sa vie avait une quelconque valeur à ses yeux, disons simplement qu'il n'avait aucune envie de compter un nouveau mort lors de l'une de ses séances de spiritisme. Cela faisait quelque peu désordre.
Mais bien sur, la tension était beaucoup trop forte pour un faible d'esprit comme lui, si bien que, malgré ses consignes strictes, le jeune homme désobéit et brisa le cercle, offrant par la-même, une ouverture à l'esprit.
Tout se passa ensuite tres vite. L'esprit de Lady Suzanna se jeta sur la grande silhouette filiforme qui se recula en tentant de fuir sans regarder où il allait. Comme prit de folie, il se mit à hurler sans quitter des yeux, la magnifique forme spectrale qui fondait sur lui. Il ne s'aperçut pas qu'il était à présent dos à la fenêtre, et dans sa précipitation pour fuir le jeune fille, il passa au travers de l'immense porte-fenêtre dans un fatras de bris de verre. S'en fut trop pour cette pauvre Mme Powell, qui face à ce trop plein d'émotion, perdit connaissance. Dominique lui jeta un regard indifférent avant de diriger son regard sur la magnifique Lady, qui observait sa parente avec consternation. Lorsqu'elle releva la tête dans sa direction et que leur regards se croisèrent, il put lire dans le fond de ses prunelles, qu'elle était totalement perdue. Quoi de plus normal face à ce genre de situation, on ne le serait à moins, pourtant il y avait quelque chose de différents en elle, que ce qui lui était donné de voir habituellement face à ce genre de cas. Elle était perdue, certes, mais pas seulement. Il se reflétait également dans son regard une colère sourde. Ce n'était pas la disparition de son proche parent qui semblait la mettre dans cet etat, alors qu'était-ce donc ?
Il fut tiré de ses réflexions par l'imposant Mr Powell, dont le regard captura le sien. C'était un regard dur et satisfait. De toute évidence, il avait obtenu ce qu'il voulait. Dominique esquissa un sourire blasé. Sa fille ne s'était donc réellement pas suicidée, l'honneur de sa famille était sauf, sans compter que le coupable s'était jeté de lui-même dans le vide. La panique lui avait perdre tout sens de la réalité et avait fini par entrainer sa mort. L'esprit avait-il agit par vengeance ? Il n'en n'avait pas l'impression...
Dominique s'approcha du maître de maison qui se trouvait à présent près de la fenêtre brisé et qui observait froidement le cadavre de son neveu, gisant sur le sol quelques mètres plus bas, au milieu des débris de verre.

- Elle l'a emporté avec lui

- Que la peste soit de cette vermine !

- Avez-vous l'intention de faire venir la police ?

- Oui, mais je ne veux pas qu'on vous trouve ici

- Qu'allez-vous leur dire ?

- Que prit d'un accès de folie il a avoué avoir tué ma fille chérie avant de se suicider

Dominique ne répondit rien. Voir la police mettre son nez dans cette affaire n'était pas particulièrement à son goût, toutefois, Mr Powell n'avait pas l'intention de le mêler à cela, ce qui, il fallait bien le reconnaître, l'arrangeait. Cet aristocrate tenait bien trop à ce qui lui restait de position pour ne pas se trouver mêler à un scandale qui impliquerait un mort lors d'une séance de spiritisme dans sa maison. Et il avait assez d'autorité pour obliger sa famille au silence. Cependant, il doutait qu'il soit assez malin pour apporter des réponses satisfaisantes si jamais, il devait être confronté à un inspecteur plus méticuleux que la normal.
Son attention fut alors détourné par la fille Powell, qui venait de rallumer quelques bougies afin d'éclairer à nouveau la pièce. C'est alors qu'une lueur attira son regard. Celle d'une lame parfaitement aiguisée. Il leva ses yeux sur la jeune femme, qui l'avait en sa possession. La belle croisa son regard avant de poursuivre sa conversation avec la soeur ainée, comme si de rien n'était. Voilà une rose aux épines bien affutées. Elle lui avait délibérément fait comprendre qu'elle était armée. Un avertissement ? Pour quelle raison ? Dans quel but ? Un sourire amusé s'afficha sur ses lèvres. Peu lui importait, c'était l'occasion de faire ce qu'il avait tres envie de faire depuis qu'elle avait franchi le seuil de cette porte. Il se dirigea vers les deux jeunes femmes en prenant un air faussement compatissant

- Amour passionnel ? Héritage ? Mensonge ? Illusion ? Je me demande bien quel est le motif qui a pu entrainer cette tragédie

- Je... je l'ignore, répondit la vieillotte tout en détournant la tête rougissante. Ma soeur, paix à son âme, malgré toute l'affection que je pouvais lui porter, était une écervelée qui se plaisait à avoir une cours à ses pieds et notre cousin en faisait partie. Peut-etre est-ce là le résultat d'une dispute qui a mal tourné. Toute cette histoire est fort regrettable

Dominique fixa la soeur sans rien dire avant de se tourner vers la sulfureuse jeune femme qui l'accompagnait. Alors qu'il s'apprêtait à demander son opinion sur le sujet à l'envoutante Lady, la voix de stentor du maître de maison se mit à rugir derrière lui en l'interpellant par son nom de famille. Dominique poussa un soupir navré en direction des deux jeunes femmes, s'excusa, puis, se retourna en direction de Powell

- Clehadore ! Faites disparaître toutes vos affaires, il ne faut pas que l'on sache ce qui s'est passé ici. S'il on venait à découvrir que nous avons fait usage d'une pratique interdite par l'église, je n'ose imaginer les conséquences que cela pourrait avoir. Vous devez avoir disparu avant l'arrivée de la police

- Versez-moi ce que vous me devez et moi et mes affaires disparaitrons dans l'heure, lui assura le médium

- Oui oui, bien, bien, je vais chercher cela. Elisabeth, aide ta mère à remonter dans sa chambre. Lady Orsay, je suis vraiment confus pour ce qui vient de se passer, si je puis faire quoique ce soit pour vous aider à surmonter ce qui vient d'arriver, n'hésitez surtout pas. Je vous fait porter un rafraichissement pour vous remettre de vos émotions. Montez donc avec Elisabeth

Orsay ? Son nom de famille était donc Orsay... un fin sourire amusé s'étendit sur les lèvres de Dominique. De toute évidence, cet homme connaissait très mal sa parente, car, par ce qu'il pouvait en juger, il lui en fallait bien plus pour la traumatiser. Le médium regrettait beaucoup de devoir se séparer de la belle, avec laquelle il aurait bien aimé faire plus ample connaissance, cela étant, le fait qu'il se retrouve seul, allait lui permettre de retirer rapidement les fils de piano qu'il avait tendu au-dessus du lustre et qui lui avait permit de faire bouger certains objets présent dans la pièce. Tout ceci n'avait en fait été qu'une mise en scène pour accentuer l'atmosphère quelque peu mystique qu'offrait ce genre de séance, et donner un spectacle à la hauteur des attentes de tous ces nobles

- J'espère avoir le plaisir de vous revoir un jour Milady, fit Dominique en s'inclinant pour déposer un baiser sur sa main avant de lever son regard pénétrant sur elle

Une fois qu'il fut seul, Dominique grimpa sur une chaise et s'occupa à retirer toutes traces de sa mise en scène. Le plus long et le plus difficile, était de les installer correctement sans se faire surprendre. Par contre, les retirer était un jeu d'enfant. Les noeuds étaient réalisés de telle manière qu'ils se défaisaient très facilement. Un simple mouvement de bras et la magie disparaissait.
Dominique enroula les fils puis les glissa à l'interieur de sa malle avec ses affaires, lorsque les bougies que la fille Powell avaient allumé, s'éteignirent brusquement. Le médium cessa tout mouvement et se concentra sur ce qui se passait autour de lui. La pluie tombait à drue, mais aucune bourrasque susceptible d'éteindre les bougies, n'avait pénétrer dans la pièce. Et puis, il n'était plus seul. Sans se dépatir de son calme, le sourire aux lèvres, Dominique se retourna

- J'espérais sincérement avoir le plaisir de vous revoir un jour, mais je n'osais espérer que cela se produise aussi si vite, Ma dame. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous plaire ? Demanda-t-il en s'approchant et en la fixant de ses yeux perçants et le sourire gouguenard



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Spiritisme au manoir Powell

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