Londres la grande se lamente dans un cri de douleur mais je vais la purifier en éliminant les basses classes, ces symboles de déchéance et de corruption.


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 - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)

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L’Antiquaire ambulant
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L’Antiquaire ambulant

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MessageSujet: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Ven 5 Nov - 16:48

Il était à peine huit heures du soir quand un vacarme sec et furtif me fit sursauter dans mon fauteuil. Ebêté j’ôtai ma pipe d’entre mes dents et jetai un œil suspicieux derrière moi. C’était la persienne. Un groupe de jeunes gens complètement ivres me l’avait fêlée en se cognant contre le verre. Je me levais. Les galopins étaient bien là, zigzagant entre le pavé pourri et le trottoir, tétine en main bien sûr, à piailler et à hurler des insanités de façon si difforme qu’on aurait cru entendre un zèbre. Londres venait à peine de débarrasser la table que déjà ses enfants galeux ne tenaient plus debout. Moi, je n’avais pas encore dîner. Je ne dînais jamais avant neuf heures. Je n’étais pas un vrai anglais. Je n’étais pas anglais du tout d’ailleurs…
J’aurais pu sortir de mes gonds et faire payer le prix fort à ces gosses pour avoir dénigré mon enseigne. Mais je ne le fis pas. Pas ce soir. Je les retrouverai ces p’tits salauds, mais j’avais d’autres tigres à fouetter pour ce soir. J’étais en plein rangement et surtout en plein dans mes comptes, que je vérifie chaque semaine. Aussi soupirai-je et m’enfonçai-je dans mon fauteuil en appuyant mes binocles sur mon nez…

Le magasin de la veuve Van Dongen, ou devrais-je dire mon magasin, n’avait rien d’extraordinaire. Le rez-de-chaussée était vaste, assez grand pour contenir la grande variété de meubles anciens et d’objets d’art que je possédais. Ils étaient là, se chevauchant dans la pénombre, silencieux, blafards. Statues d’angles et de fioritures aussi effrayantes que massives, ils m’enveloppaient de leur sinistre présence en ce bien triste lieu. Chaque jour je faisais prendre l’air aux petits buffets Renaissance, pour décorer le magasin et donner envie aux clients. Comme les sièges tapissés étaient faciles à déplacer, je les exposais aussi. J’avais pris l’habitude de bichonner tout ce petit monde. Ridicule, certes, mais amusant. Certaines commodes ont plus de conversation qu’un être humain…
Quant à moi, je dormais à l’étage, dans une ancienne loge de concierge minuscule. Murlock couchait aux pieds de mon lit, ou quand il se sentait trop fainéant pour monter les escaliers, dans la grande armoire à mousquets. Derrière cette armoire se dressait mon bureau : mon plan de travail, comme je l’appelle. Je l’avais décoré de quelques plantes en pot. Pas grand-chose, des touffes d’herbe tout au plus… Et au-dessus de la table recouverte de paperasse, un petit œil de bœuf, ce qui me permettait d’économiser l’huile de la lampe en pleine journée.
Je m’éclairais très peu à l’huile. Le chandelier est moins coûteux et tout aussi efficace. Le chandelier ne sent pas mauvais comme l’huile…

Vous voyez, je réfléchis à beaucoup de choses quand je reste affaissé dans mon fauteuil à faire mes comptes. Les pensées tournent dans ma tête. Le magasin, ma femme, mon fils, ma femme encore, les affaires, l’argent, Dieu s’il existe, cette satanée persienne, ces gamins pouilleux et ivres, le repas de Murlock, la charité, le vice, la vengeance, Cain Hargreaves, la vengeance, Delilah. Delilah. DELILAH. L’organisation d’assassins qui m’a tout pris et que j’ai juré de retrouver.
D’une main j’ouvris un tiroir, de l’autre j’en sortis une liasse de livres sterling (ce que j’avais gagné dans la semaine) et une amulette que je posai toutes deux devant moi. Mes yeux se brouillèrent. Je n’accommodai plus. J’ôtai mes lunettes, les posai également devant moi, fixai l’argent et le précieux bijou de ma jeunesse sur le Continent Noir. On me l’avait offerte à mon mariage. Et je n’avais cessé de la porter, jusqu’à ce que le pire se produise…

Murlock aboya hors du magasin pour me signaler qu’il avait fini sa promenade. Je sortis du bain opaque de mes songes pour aller lui ouvrir. Mais à l’instant même ou j’ouvris la porte, une silhouette humaine se dessina devant moi. Je laissai prudemment le chien entré, puis je refermai la porte. Je laissai échapper un murmure de stupéfaction quand je vis le cou de cet individu se déformer et bouger comme si de monstrueuses mains lui serraient la gorge par derrière. Je dégainai les griffes d’ivoire de ma main droite.

« Vous n’êtes pas un fantôme. Vous êtes un être de chair et de sang. Seriez-vous un démon de l’enfer ? A moins que mes yeux ne soient abusés par un mauvais sort… »

Je ne su quelle mouche me piqua de lui vomir toutes ces bêtises. Cette créature était…si étrange. Que faisait-il ici ? Qui était-il ? Connaissait-il aussi le Comte Hargreaves avec lequel je faisais affaire ? Je fronçais les sourcils et le contempla sans mot dire.


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Charmeur de Serpents
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Charmeur de Serpents

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MessageSujet: Re: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Sam 6 Nov - 8:30

Nous avons tous des raisons de nous battre, soit pour un avenir meilleur, soit pour venger quelqu’un, pour aller au-delà de son destin, ou encore, pour le plaisir. J’avais besoin de rencontrer mes semblables, me ressourcer, connaître leurs raisons de se battre, d’aller vers les ennuis, j’avais besoin de me redonner un coup de fouet, et peut-être moi aussi une bonne raison, bien que le simple fait de voir cette âme noire et si jeune me donnait des frissons à m’en demander pourquoi elle existait, moi, j’étais surtout le parfait exemple qu’il ne fallait pas suivre, me battre, car je le faisais, ne vous leurrez pas, pour une raison qui n’en était pas une. Voir quelqu’un, et l’analyser. Le sonder, voir sa déchéance, peut-être essayer de le comprendre. Si j’avais fait cela à l’époque avec des gens de Delilah, je devais le faire aujourd’hui, pour moi. Je voyais les rues, les gens, qui me répugnaient de plus en plus, un groupe de gens d’autant plus hideux qu’ils n’étaient pas sobres, loin de là, l’un d’entre eux se vidant de son estomac sur le pauvre pavé qui n’avait rien demandé. Amusé, cependant, de le voir balloter de gauche à droite, puis d’avant en arrière, je n’avais aucune pitié, et passant proche de lui, déclina une petite poussée, par grand-chose, juste de quoi tomber dans son propre glaire. L’alcool.. Je l’ai connu jeune, très jeune, trop jeune même. Ce quartier ne m’était pas vraiment inconnu, ce qui l’était plus, sans doute, c’était le fait de savoir que même ici, il y avait de la vermine. A peine avais-je le dos tourné, que je sentis quelqu’un me percuter, me coller contre le mur, une lame sous la gorge, s’agrippant à Kain qui pour une fois, avait pas vraiment l’envie de réagir, c’en était que plus amusant en fait. Que je lui donne mon argent ? Mais bien sûr monsieur, je vous donnerai même plus ce soir.

-Je peux vous donner quelque chose de plus précieux que l’argent. Je vous donne le choix entre votre vie et votre mort, mon cher, car ce, sur quoi vous avez posé la main est un serpent, ce serpent est l’un des plus mortels qui existe, et voyez-vous il a horreur qu’on attaque son maître. Mais libre à vous de me trancher la gorge, vous perdriez seulement la vie dans une souffrance tellement atroce que même le diable pleurerai pour vous…

La pointe du couteau sous la gorge, j’en avais un sourire démesuré, mon cher et adoré serpent se redressa lentement, de son regard perçant fit sursauter le voyou, qui recula la main, mais après tout, je n’avais rien pour calmer Kain, moi. Frottant mes bagues doucement l’une contre l’autre, le petit bruit comme un signal vit l’action que seul l’ombre sur le mur en fut témoins, une morsure si vive, si rapide qu’on ne la remarque que trop tard, l’homme recula, tombant à la renverse, puis se tordit de douleur, sans pouvoir crier, ni même appeler à l’aide simplement, m’accroupissant, sortant mon sempiternel cahier, frottant délicatement la tête de mon fidèle ami, ce dernier se replaça comme si de rien n’était. La mort arriva lentement, mais avec tout cela, je perdis du temps, j’avançais donc vers un endroit que Cain m’avait notifié, je vis un chien, ce dernier avait vu ce que j’avais fait, sans aucun doute, mais loin de m’en sentir coupable, je me contentais de lui sourire, les yeux clos. Puis le suivant, après tout il allait au même endroit que moi, je vis l’homme que j’étais venu chercher, son accueil fut des plus chaleureux.

-Il n’y a point de démon ici, mon cher, à moins que l’homme ne le soit et sur ce point, je vous avouerai qu’il se peut fort probablement que ce soit le cas.. Ne soyez pas abusé par les effets d’optique. Je me nomme John Simon Cee, et je suis une connaissance du Comte Cain C. Hargreaves. J’avais quelques questions à vous poser…D’ordre privé…

Kain fixa l’homme, se penchant sans pour autant perdre son équilibre, le scrutant, le sondant, ondulant lentement, sans pour autant paraître agressif, il savait, sentait sans doute aussi, qu’il n’avait pas remarqué ce qu’il était, peut-être l’ignorait-il tout simplement, puis restant poliment dehors tout de même, je ne suis point rustre, pour ma part, je scrutais le visage de cet homme, qui semblait réellement troublé. Moi, un démon sorti de l’enfer.. Qui sait après tout…
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L’Antiquaire ambulant
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MessageSujet: Re: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Dim 7 Nov - 16:46

Je dois bien l’avouer : cet individu me faisait une forte impression. Son reptile sombre aux pupilles luisantes me lorgnait tel un morceau de viande à portée de gueule, si je puis me permettre l’expression. A Londres, on ne voyait d’hommes avec un serpent autour du cou qu’au cirque ou dans les cabarets. De vraies cocottes. Ils finissent presque tous par crever de la tuberculose…
Je chassai immédiatement cette image burlesque de mon esprit et me concentrai sur la réalité. Celui-ci devait être un zoologue, ou bien un scientifique spécialisé dans l’étude des serpents… Je ne saurais dire.
Des gens, autour de nous, s’étaient arrêtés pour nous regarder. Ils pensaient qu’on allait se battre. Et ils en avaient toutes les raisons, puisque j’avais déployé mes griffes « artisanales ». Imbéciles. Je n’avais aucunement l’intention d’affronter cet étonnant jeune homme. Pas après ce qu’il venait de me répondre. Si le Comte lui faisait assez confiance pour lui donner mon adresse, je n’avais rien à redouter de lui. C’était du moins ce que j’espérais…

« Je vous prie d’accepter mes excuses… Ici, on ne sait jamais sur quel urluberlu on peut tomber. Cela fait quatre mois que j’habite à Londres, j’ai eu largement le temps de rencontrer de drôles de types au travers de ces rues poisseuses… Ainsi, John Simon Cee, vous êtes une connaissance du Comte Hargreaves. Fort bien, fort bien… Quant à moi, on m’appelle Dunkel Heith… l’Antiquaire ambulant. »


Sans quitter le charmeur de serpents des yeux, je rangeai mon arme dans mon bon vieux manteau en peau de bête et poussai la porte du magasin de manière à ce qu’elle soit grande ouverte.

« Après vous. »
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MessageSujet: Re: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Lun 8 Nov - 11:24

Un hurluberlu ? A dire vrai, nous étions plus étrange que le trois quart de Londres, East Side compris. Non, je pensais vraiment que les Poisons, comme les Arcanes étaient de drôles d’oiseaux. Nous aurions pu finir comme tous ici, une choppe à la main, à réciter des chansons paillarde à tâter les cuisses des catins, ou, pour ma part, les corps des jeunes messieurs. Non. Bien que je ne pense pas à mal, je voulais être plus que ce que je n’avais déjà été. Ma mâchoire me faisait mal comme à chaque fois que la pluie menaçait, et ce fut le cas, sitôt dit, sitôt fait, l’orage éclata, sublimant mon visage de parfaits traits mêlant la folie à la réalité de la chose. Il rangea son arme, me faisant là un magnifique discours. Oui, je connaissais Cain. Il était courtois, mais je pus voir, sans pour autant bouger tout l’intérieur qui était tant une boutique qu’un sanctuaire. Je m’inclinais doucement, avec un respect plus félin que reptilien, et j’entrai. L’intérieur était plus chaud que l’extérieur, mais ce n’était pas si étrange que cela. Je voulais arriver au vif du sujet rapidement, mais quelque chose m’en empêcha, sans doute sa façon de s’exprimer, il avait un accent étrange, il ne devait pas être d’ici, effectivement. Quatre mois, et déjà lassé de votre vie entre nos grillages de barbelés invisibles, mon cher ? Non, quelque chose d’autre, une mélancolie présente, mais comment savoir le fin mot de l’histoire. Soupirant imperceptiblement, je fis courir sur le meuble mes doigts bagués.

-Je vais aller droit au but, mon cher, puisqu’il ne faut mieux pas trop faire languir nos interlocuteurs, je suis venu savoir pourquoi…

Et le tout en fermant sa porte, le visage proche du sien, comme Kain précédemment, mais c’était sans doute là ma propre façon de m’exprimer, il était aussi un bon test pour vérifier la solidité des nerfs de chacun, et ce pourquoi j’étais très fort. Mais je n’avais rien contre cet homme, absolument rien. S’il était malin, ce dont je ne doutais pas, il ne réagirait pas, ou peut être par un simple haussement de sourcil incompressible d’une incompréhension qui se calmerai comprenant qu’en claquant la porte, je coupais l’herbe sous le pied à ceux qui voulaient nous espionner.

-Pourquoi, disais-je, vous voulez absolument combattre Delilah. Je me doute que vous avez une très bonne raison, et comme tous ici, cependant, je suis curieux, ces temps ci. Non que je veuille vous coincer, ou vous tester, je voudrais juste entendre votre histoire, en savoir plus sur les Poisons qui m’entourent. Nous sommes dans une guerre qui n’a rien de sainte.

Je regardai le chien avec admiration, et tendresse, j’adore les animaux. Il fallait voir le molosse, échappant un petit rire simple, je m’écartais de Dunkel, marchant dans son échoppe. Une étrange couverture encore une fois, mais j’étais bien trop curieux. Allait-il succomber à l’envie de se confier au serpent que je suis ? Si tel était le cas, cela ne serait que mieux me concernant, en manque de raison, bien que l’âme noire du jeune comte Hargreaves planait autour de ses condisciples. Nous n’étions plus des enfants. Ni Dunkel, ni moi. Il se doutait donc sans doute que s’il allait me parler, j’allais également lui révéler des détails sur mon propre combat. Et là allait venir la véritable incompréhension, celle qui me ferait rire encore bien des années tellement ma raison est absurde aux yeux des autres, mais importante aux miens.
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L’Antiquaire ambulant
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MessageSujet: Re: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Mer 8 Déc - 22:11

Quand Cee poussa avec audace la porte de mon magasin bazardeux, quand il passa si près de mon visage, une chose étrange me revint à l’esprit et je fus fort déconcerté par ce souvenir que l’homme-serpent avait expulsé de sa tombe putride. Pendant quelques secondes, je perdis pieds… Mais hors de question de me frayer un chemin si facile vers mon éternelle mélancolie. Il n’avait fait que me provoquer. C’était tout ce que je devais retenir… et sur le champ oublier.

Maintenant que nous nous trouvions seuls, j’écoutais ce que cet homme-serpent avait à me dire. Bien évidemment, l’idée qu’il fût une carte de Delilah m’avait effleuré. Ces gens sont autant de brutes monstrueuses et assoiffées de sang que d’espions sans scrupule disséminés dans toute la ville… Murlock, lui, n’avait aucun soupçon, ni sur l’homme, ni sur le dangereux et fascinant reptile qui lui caressait les épaules en sifflant béatement. Le Terre-Neuve se réchauffait paisiblement, à l’abri de la poussière et de la mélancolie qui rôde, dans son armoire favorite.
Mon reptilien invité avait beau être de mon côté, je me voyais mal lui raconter mes passionnantes aventures adossé à nos fauteuils, cigares en main et bouteille de Bordeaux 1793 sur la table. Une année sanglante, destructrice pour mon pays natal, paraissait-il… Mais ici, dans cette ville enveloppée dans un suaire de larmes et de sang, la guerre prend une plus grande ampleur et elle, elle dure depuis dix-sept ans.
Tandis que John déambulait dans le magasin, jetant un œil sur le Terre-Neuve en carpette tout en restant attentif au moindre de mes faits et gestes, je me dirigeai vers mon bureau, cacha l’amulette de mon clan décimé et la liasse de billet sous une paire de gants et sortit de ma poche un autre objet, plus petit et brillant de mille feu à la bougie du cierge.
Me retournant vers mon interlocuteur, je plaçais cet objet à disposition de son regard.

- Une médaille militaire, commentais-je. Celle d’un général allemand que j’ai rencontré il y a dix ans, quelques semaines après qu’il a fait exterminer l’ensemble de mon clan. Inutile de te préciser à quelle organisation criminelle appartenaient les mercenaires qu’il a payés.

Je rangeai la médaille dans la poche de mon coyot coat et mes griffes d’ivoire en profitèrent pour s’entrechoquer comme deux marionnettes ensorcelées. J’allumai une cigarette en silence, puis, tout à coup un rire nerveux me pris d’assaut. Je m’appuyais à mon plan de travail, crachait la fumée, levait les yeux au ciel tout en riant.

- Tout à l’heure, quand tu es passé si près de mon visage, tu m’as fait penser à une chose... Laisse-moi te la raconter et tu saisiras avec une parfaite clarté quel Poison je suis.

"C’était en 18.. et Dunkel Heith était, depuis plusieurs années, revenu sur le Vieux Continent avec le peu d’affaires qui lui restait. A l’époque, il habitait à Berlin. Rien de tel qu’une grande ville bouillonnante d’âmes de poètes écorchés et d’artistes bohèmes pour ne pas se faire remarquer. Bien sûr, Dunkel poursuivait plus ardemment que jamais ses investigations vengeresses. Sur les quatre cartes ayant assassiné sa famille, il ne lui en restait plus qu’une seule à trouver, ici, dans cette ville si rayonnante et si froide à la fois. Inlassablement le jeune homme caressait le bout de papier et relisait cette adresse susceptible de le conduire au prochain et dernier assassin de son clan. C’était écrit avec le sang de la carte précédente, qu’il avait brûlé vive après l’avoir torturée. (J’avais cassé la mine de mon crayon) Cette adresse, à son grand étonnement, était celle d’un peintre fort en misère. Ernst Angus, s’appelait-il. Mais jamais le jeune homme n’eut besoin de prononcer son nom.
Le peintre vivait dans un atelier minuscule, aux persiennes fêlées, aux murs noircis par l’humidité. Au sol étaient éparpillés des centaines de croquis préparatoires. Ces femmes entièrement nues, allongées sur le blanc de la feuille, sur du rien, n’avaient pas de visage, aucune d’entre elle. Certaines étaient difformes et laides, d’autres extraordinairement sensuelles. La plupart de ces dessins étaient déchirés, recouverts de poussière et d’autres, de vomis. Toutes ces filles figées dans l’oubli, sans noms ni visages, sans rien qui les cache ou qui les rende dignes : cela lui fit penser aux grands massacres qu’il avait vu, tout d’abord celui de sa famille, puis ceux d’autres clans, d’autres peuples, qui avaient subi le même sort, certainement par les mêmes assassins. « Où est Rydell ? » demanda Dunkel au peintre qui le toisait avec nonchalance. Le jeune homme le pris alors par le col et répéta inlassablement la même question, jusqu’à ce que, les larmes aux yeux, fatigué de le supplier, le peintre dirigea son regard vers une forme élancée et géométrique dressée contre le mur du fond : un chevalet. Un chevalet recouvert d’une bâche de papier brun et moisi. Dunkel lâcha immédiatement le col de ce rosse de peintre, se dirigea vers cette bâche crasseuse, instinctivement la déchira, et découvrit l’épineuse beauté sur la toile inachevée.
Rydell était une femme. Mais quelle femme ! Ses cheveux, que le peintre avait brossés avec autant de violence que de justesse, étaient d’un noir d’encre, sublimés par quelques rehauts de gris et de rouge carmin (pour les rubans). Pour sa peau, un glacis d’ocre parsemé de grains de beautés. Un sur la clavicule. Un sur le ventre. Un autre sur la hanche… Sa taille était si fine et son bassin si large... Comme toutes les autres créatures, elle était nue, mais sans cet aspect indéniablement vulgaire que possédait les autres. Celle-ci, cette Rydell qui étonnait tant le jeune homme, était chargée d’érotisme à l’état pur, comme le sont les sempiternelles Vénus italiennes que Dunkel a eu l’occasion de voir à Florence, et ailleurs… Mais je ne vous ai pas encore parlé de son regard. Elle avait de ces grands yeux puissants et enchanteurs qui agrippent l’âme des pauvres erres (comme moi) et la recrache aussitôt après l’avoir asséché de ses désirs. En voyant cette femme allongée, répandue sur la toile blanche, sans défense, et pourtant inspirant tant la crainte et le danger, Dunkel se sentis vide, triste comme une ombre.
Il n’a pas mis longtemps à retrouver la femme du tableau. Rydell, comme il s’y attendait, n’était pas seulement un assassin de Delilah : elle était aussi proxénète, dirigeait un bordel en plein cœur de Berlin, avec sa propre escouade de prostituées de luxe. Je me souviens de cet établissement. Chaque cocotte avait ses clients réguliers et sa chambre de prédilection. C’est dans l’une de ces chambres (la chambre Sade) de que Dunkel a rencontré Rydell, après avoir grassement payé l’une des filles pour que cette dernière lui demandât de venir me rejoindre. Elle était aussi charmante que la Vénus du tableau. « Pourquoi m’avoir appelé ? Aurais-je une dette envers vous, Meister ? Pourtant je ne crois pas vous connaître… » lui glissa-t-elle à l’oreille en lui adressant un sourire de catin prémâché.
Elle avait tant de charme et s’était rapprochée si près du jeune homme que son cœur avait commencé à s’emballer. Voilà à quoi ton entrée reptilienne m’avait fait penser. Mais ce n’est pas tout. Ce n’est que le premier facteur.
Dunkel allait l’embrasser quand il vit qu’à son cou d’ivoire parfaitement poli pendait une amulette qui lui était étrangement familière. Sur cette amulette était gravé le symbole de son clan (le loup de l’inframonde) serti de morceaux d’os et de pierreries. Les battements de son cœur, à cet instant, ont accéléré, non pas parce qu’elle lui parcourait allègrement l’entrejambe de ses mains gantées de cuir, mais parce qu’une rage soudaine le prit d’assaut, lui serrant la gorge comme une clé à molette serre un clou trop enfoncé. Dunkel agrippa ses avant-bras, brutalement, et au lieu de l’embrasser, son esprit se brouilla de colère et…
Je refuse de faire resurgir le souvenir de cet accès de démence. Ce que je peux te dire, c’est qu’elle gisait sur le sol, se noyant dans son sang. Ma Vénus à l’agonie. Ma merveilleuse ennemie. Je ne peux me souvenir de mon action. Néanmoins en la voyant ainsi et en léchant le sang qui barbouillait ma mâchoire, tout s’éclaircit et je compris tout de suite ce que j’avais fait. Au creux des méandres roses de sa bouche exquise giclait une fontaine d’hémoglobine. Tout ce sang l’avait étouffé et en un rien de temps, elle était tombée. Etendue sur le tapis brodé de fil or, bleu et rose, l’horreur se lisait sur son visage. Elle avait contemplé sa propre mort.
(Mes yeux fixèrent alors ceux de John.) J’ai pensé, pendant un court instant, à t’arracher la langue… Comme avec cette Rydell dans laquelle j’ai plongé mon regard avec tant de délectation avant de l’exécuter d’un mortel et sanglant baiser. Voilà quel était le second facteur. Voilà tout ce que tu dois savoir sur Dunkel Heith.
"


Je ne riais plus du tout. Je ne voulais plus de Bordeaux. Ma main attrapa une bouteille de scotch à demi vide planquée sur une étagère à côté de mon bureau. Deux verres, dans lesquels je versai le liquide couleur or sans même demandé son avis au charmeur de serpent. Je lui tendis le verre, presque fébrile, sans le regarder et sans rien dire.

Quant à moi, je bus d’une traite et me resservi trois fois. Le visage de cette femme me revint de nouveau. Comme celui des trois autres cartes, il ne cessera jamais de me hanter, funestes conséquences de ma soif de vengeance que j’assume pleinement et qui ne sera jamais étanchée.









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Charmeur de Serpents
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Charmeur de Serpents

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MessageSujet: Re: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Ven 31 Déc - 2:49

Nous avons tous un passé douloureux. C’était là l’un des rares liens qui nous unissaient aux cartes. Ce qui nous différenciait par contre était sans doute minime, tellement mince qu’une feuille de papier. J’écoutais lentement le récit de Dunkel, mélangeant allégrement la passion malsaine et la confession à un curé, mais j’étais le serpent de la Discorde, jouant avec mon Kain, le visage ternis par les visions des images qu’il m’envoyait par l’intermédiaire de sa voix si étrange, je sus de toute façon qu’il me disait la vérité, je ne pouvais le nier, je ne pouvais m’en détourner. Après de telles annonces, je le vis devenir finalement fébrile, la main tremblait, je pris doucement le verre, dans un silence complet, angoissante réponse que je pouvais lui fournir, mais je ne m’en amusais pas. Ainsi, il voulait m’arracher la langue. Quelle étrange façon de saluer celui qui lui demandait de l’aide. Bon, j’admets que j’ai mon caractère, et que je me serais sûrement délecté de cela, Il y avait cependant des limites à ne pas dépasser. Je ne doutais point qu’il avait le talent pour arriver à ses fins, et qu’il n’aurait pas hésité à le faire. D’ailleurs à voir la quantité d’alcool qu’il ingurgitait j’en avais le vague frisson d’un déjà vu. Secouant la tête lentement, déposant le verre sans le boire, je me penchais en avant. Je ne me souvenais pas depuis quand j’avais eu autant d’hésitation à déverser mon venin. Mais je n’en fis rien, pas de suite, pas comme ça, je devais y mettre les formes moi aussi. Je ne devais en aucun cas lasser mon auditoire. Regardant entre les volutes de fumées à l’odeur des plus nauséabondes, j’ouvris lentement les lèvres. Le vent fit claquer les volets. La peur devait-elle être également de la partie. Je ne voulais pas en arriver là. Plutôt que de commencer le discours, je me remis le dos contre le dossier, les yeux clos, applaudissant, le claquement se répercuta contre les murs. Un petit sourire aux coins des lèvres dont je n’avais aucune mesure, car il était vide de sens, je croisai alors mes jambes, les doigts sur les bras du fauteuil ancien dans lequel je m’étais assied sans permission d’ailleurs.

-Je vois exactement quel genre de poison vous êtes mon cher, il serait cependant présomptueux de dire que je vous comprends. Je n’ai point vécu votre vie, et entre nous, la mienne me suffit déjà amplement.


Pour une fois Kain ne resta pas, il glissa le long de mon épaule, se tortillant sur mon avant-bras avant de s’enrouler autour de ma jambe et se remettre dans un endroit au calme, là où il pourrait s’endormir, enroulé dans ses propres anneaux, et ses propres songes. S’il faisait cela, c’était peut-être, non, sans doute qu’il ne voyait aucun danger pour le moment concernant Dunkel. Jouant avec ma bague effleurant la pointe empoisonnée sur mes lèvres, pensif un instant, je fermais les yeux. Il avait tout dit ? Possiblement. Etait-il sincère ? à première vue, oui. De toute façon qui étais-je moi-même pour juger de cela. Ainsi c’était une vengeance. Question idiote bien sûr, quoi d’autre qu’une vengeance pourrait être le moteur d’une telle odyssée. Penchant légèrement la tête, me noyant dans le dédale de mes propres idées, et réflexions en tout genre, je soupirai. Il fallait bien en arriver là tôt ou tard. Prenant le verre entre mes doigts, à nouveau, contemplant mon propre reflet, les yeux mi-clos, et ce, sans fioriture ou effet de style, d’une voix plus grave, moins enjouée, bref, réellement moi, je lui tins à peu près ce langage.

-Je suis loin d’être un noble. Je n’ai aucun titre et je n’en cherche pas. Je m’habille au-dessus de mes moyens, pour montrer ce que je ne suis pas. Un homme d’honneur. Et si j’en ai, il faudra me convaincre, et ce ne sera pas aisé. Je suis né dans les lieux crasseux de la ville entre deux Bordels. Mon père me haïssait, pour la simple raison de mon existence. Ma mère a fui. Elle était bien plus maline que je le pensais. Je n’aimais pas mon père. Il en avait autant à mon sujet. Tous les jours, je m’en prenais dans le nez, jusqu’à en rester allongé sur le sol, débraillé, les vêtements couverts d’urine d’homme saoul, quand ce n’était pas autre chose. Il voulait me tuer à petit feu, mais au lieu de cela, je me renforçais, tant du niveau du mental que du physique. Je ne cherchais pas à faire de mal autour de moi. Mais je ne dirais pas qu’il m’y a forcé. Ce qui fait de moi un parfait poison est sans doute ce qui va suivre. Mais je vous conseille, mon cher, d’en reprendre un verre. Vous me trouverez sans doute machiavélique après ce moment. Un soir, dans ma chambre, alors que je voulais trouver le sommeil, en grelottant, je sentis quelque chose me remonter les jambes, lentement, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre ce que c’était. Je n’avais pas été à l’école, mais c’était tellement visible. Ainsi, reculant d’une traite, je restais le dos collé contre le mur, les doigts crispés sur mes draps. Le reptile remonta lentement mes membres lascifs comme un amant voulant prendre la dernière once de pureté qui hantait mon corps d’enfant. Mais plutôt que me mordre et ainsi mettre fin à ma vie, il resta à me regarder, dans nos échanges de regard, je compris alors qu’il ne me voulait aucun mal, et qu’il ne voulait en fait que mon bien. Je le pris entre mes doigts, bien que tremblant, sans le quitter du regard, je me levai, et allait rendre son cadeau à mon père. La morsure là, fut inévitable.

Dans mon regard se trouvait la lueur de la haine et du travail bien fait, je savais que j’avais capté son attention, sans le voir cependant, car je m’hypnotisais moi-même, revoyant toutes les scènes, à mon tour, les yeux vides, les lèvres entrouvertes, le teint pâle, la voix d’un grave encore plus profond, je continuais, sur la lancée, sans lui laisser le temps de réagir, de toute façon, j’aurais ses réactions en retour plus tard, monstre sans doute, mais dans cette catégorie , nous étions plusieurs en concurrences.

-Il n’est pas mort de cette morsure, en fait, il n’aurait jamais pu mourir de la sorte, non qu’il était immunisé, mais le venin de ce reptile est un parfait paralysant, il ne tue cependant pas. Après quelques temps, le corps se détend et ainsi, redevient normal. Cependant, pendant ce temps, le corps est tellement faible, inerte, et surtout sans réaction même avec le test du miroir proche des lèvres, on a beau lacérer ses pieds avec des lames de rasoir, comme le font les croque-morts ou les médecins, qu’on le croit réellement mort. Je me suis personnellement occupé de son enterrement. Un joli cercueil. Digne de la pourriture qu’il était. Avec énormément de terre au-dessus. Cela aussi je m’en suis occupé tout seul. Je ne voulais pas mettre sur la tête de cette pauvre bête la mort de cet ignoble individu. Aussi, quand mon père se réveilla de sa léthargie, il se trouva lacéré au niveau des plantes des pieds, mais aussi, et surtout, bloqué dans une boite avec quelques pelletés de terre au-dessus de lui. S’il n’est pas mort d’étouffement, il est mort de faim et de soif, voire même, complétement fou. Mais ce n’est pas ce qui fait de moi un Poison. Ça, ce que je t’ai expliqué, c’est mon mode opératoire. Je suis devenu Poison par pure curiosité. J’ai rencontré le comte Cain un jour, un sombre jour. Un terrible jour. Nous nous sommes de suite trouvés des points communs, mais moi qui pensait avoir une âme sombre, je remarquais en fait que la sienne n’était pas seulement sombre, elle faisait sombrer toutes celles autour de lui. La fascination, la passion, mon cher, voila ce qui m’anime et qui décida de ma vie de faire de celle-ci un poison lent qui étouffe dans l’œuf ma propre pensée…

Me blessant moi-même avec ma griffe, je sortis de ma propre hypnose, le sang coulant dans le verre, se mélangeant au liquide avec une déliquescence des plus agréables, les yeux clos, je bus le contenue d’une traite, cela fleurait bon l’alcool et l’hémoglobine. Pendant ce temps, Kain avait pu trouver le sommeil, moi cependant, j’allais sans doute m’offrir une belle nuit blanche.

[encore désolé pour le temps mis]
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L’Antiquaire ambulant
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L’Antiquaire ambulant

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MessageSujet: Re: - Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)   Ven 21 Jan - 12:00

[j'ai aussi été absente longtemps pour cause d'examens, désolée.]

La curiosité. Par simple curiosité. Ces mots me revenaient sans cesse en tête. Comme des pierres en saillie, lourdes, des obstacles au courant du fleuve. Nous étions fous à nos manières néanmoins le même poison coulait dans nos veines. La même rage nous ébouillantait. Lui s’en délectait tandis que je m’efforçais de conjurer la mienne. Mais au fond de moi, mes entrailles hurlaient d’un désir de bain de sang. Ma vengeance, désormais, ne me motivait plus… car je m’était vengé : tous les quatre étaient anéantis. Ils ne reviendraient plus que dans mes rêves. Mais alors, pourquoi étais-je ici ? Pour la seule et unique personne qui puisse un jour détruire le cœur de Delilah. Le seul qui soit assez déterminé et assez fort pour cela.

Cee s’était vautré dans mon fauteuil. Cela m’irrita pendant une demi seconde, flegme français oblige... Puis, j’appréciais l’initiative. Ma situation n’était certes pas confortable, mais mes antiquités et mes meubles poussiéreux l’étaient, eux. Alors autant en profiter… Je posais la bouteille de scotch sur mon plan de travail et m’assis en face de lui. Murlock était sorti de l’armoire à mousquets. Il avait contourné mon jeune et reptilien invité pour venir se poser près de moi, ses babines noires reposant sur ma cuisse.

« Qu’en dîtes-vous sir Murlock ? Qu’est-ce qui pourrait vous pousser à rejoindre notre cause : la vengeance… ou la curiosité ? »

Je caressai la grosse tête embroussaillée, et souriait.
Il m’arrive parfois, étant ivre, d’entrer dans un état pétrifiant de lucidité. In a bloody city, with a bloody guest, in a bloody house and blood on my hands, et parlant à un chien en plus de tout cela… Je me demande comment aurait été ma vie sans Delilah, et sans Cain. J’ai toujours été un garçon imaginatif. Mon regard se concentra sur la blessure de mon compagnon, puis sur son compagnon à écailles.

« Ton...Votre père était un imbécile. Peu de gens sont capables de contrôler un tel spécimen, il aurait du savoir... et essayer de te... de vous tuer avec des moyens à sa portée. Un pistolet, par exemple… Tous le monde sait se servir d’un pistolet. Mais nous savons tout deux que tu l’aurais détruit avant. Nous l’avons dans le sang. »

Les grognements de Murlock me réduisirent au silence. Il fixa d’un air suspicieux la fenêtre fêlée derrière moi. Aussitôt je compris. Je me levai, ouvrit la porte, resta dehors, immobile. Pas un souffle de vent. Quelques réverbères allumés. Rien d’autre. Mais je n’étais pas sûr.

« J’espère pour toi que tu ne t’es pas fait suivre par une carte. » m’exclamai-je en direction du charmeur de serpents. Mais au fond de moi je me disais qu’il était bien trop intelligent pour risquer de se faire repérer par Delilah. Indépendamment de notre bon vouloir, nous étions observés.



[ça te dit un peu de sport avec un Delilah ? Si j'arrive à en trouver un ;-)]
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- Entre Serpents et âmes ivres - (pv John Simon)

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