Londres la grande se lamente dans un cri de douleur mais je vais la purifier en éliminant les basses classes, ces symboles de déchéance et de corruption.


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 The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]

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Arcane Majeur
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Arcane Majeur "La Roue de la Fortune"

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MessageSujet: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Ven 29 Oct - 10:32

La nuit était tombée sur la capitale Victorienne. Comme à sa désagréable et récente habitude, Ana suivait une fille à l'apparence similaire à celle qu'eut Marianne Smith. Orchestrée par la haine de ce bonheur qu'elle n'atteindrait jamais plus, elle ne lâchait du regard la blonde enfant. En ce samedi soir, les bas-fonds étaient peuplés, on pouvait à peine circuler. Il fut cependant aisé à Ana d'attirer la fillette à elle. Qui aurait pu se méfier d'une jeune femme au regard si doux et à l'air si calme. Elle sourit à l'enfant qui, échappant à la surveillance de ses parents entreprit de la rejoindre. Se savant désormais suivie par sa victime, Mrs BitterTears tourna dans une ruelle et se cacha. La petite la chercha. S'approchant aussi silencieusement qu'elle le pouvait, la roue de la fortune se saisit du cou de la future morte. Animée par une force qu'elle ne contrôlait pas, Ana serra, serra, serra jusqu'à ce que l'enfant qui, surprise n'avait émis aucun son laissa tomber son bras et ferma les paupières. Elle appartenait désormais à Dieu.
Redevenant elle-même, Ana BitterTears s'agenouilla près du petit corps et retenant des larmes qui n'auraient pu qu'empirer les choses, elle pria la miséricorde d'un dieu qui l'avait copieusement maudite.
Des voix la tirèrent de sa prière. Des parents inquiets cherchaient Ophélie. Prise de panique, Ana quitta la ruelle en courant, bousculant un groupe de passants en débouchant en trombe dans une autre rue. Elle s'en moquait, elle venait de commettre un horrible crime, elle ne pourrait échapper à la justice, qu'elle soit divine ou humaine.
De la lumière ! Un pub ! Arrêtant brusquement sa course, Ana se tourna vers cet espoir . Personne ne viendrait la chercher au milieu des alcooliques gaspillant leurs menus salaires en boisson pour oublier que leurs vies éphémères étaient déjà gâchées et que personne ne se souciait d'eux. Elle poussa la porte avec un peu plus de violence qu'elle ne l'aurait voulu. Le silence s'installa en ce nouveau lieu. Rouge de honte et essoufflée, Ana baissa la tête et alla s'installer à une table u peu à l'écart tout en tentant d'ignorer la dizaine de paires d'yeux posés sur elle...
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Charmeur de Serpents
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Charmeur de Serpents

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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Ven 29 Oct - 11:25

Londres. Loin de moi la pensée de vouloir refaire le monde, bien loin de là même. C’est un paradoxe entouré d’une noirceur, un mélange de sang pourri et de cris décharnés. Je connaissais la pire des Londres, celle de Jack the Ripper, celle qui baigne dans sa propre misère de l’East End, et de ses prostituées, de ses pubs outrageusement sales, et de la violence. Je viens de ce Londres là. Je le connais, comme ma poche, et j’en connais aussi des trous perdus, où l’on peut boire à n’en plus finir. J’avais une vie bien rangée, enfin, disons qu’avant je l’avais surtout dérangée, après la disparition paternelle, ce fut un peu mieux, un moment de ballotage, avant de trouver mon métier. Mais tout ceci n’empêchait que je voyais le temps passer, et, fort heureusement, les Arcanes n’étaient pas en non-stop sur notre dos, enfin, je le pensais. Je n’ai pas vraiment changé en réalité depuis ce temps, et j’avais envie de perdre la tête, de me mettre de côté, toutes ces histoires, dépressif, Oh que nenni ! Je ne le suis et je ne le serais jamais ! Kain sur les épaules, comme à mon habitude, entre les murs déformés des lotissements, les bobbies qui allaient et venaient, le rôle de poison n’était plus vraiment une nécessité, mais véritablement un choix.

J’avais fini toutes les affaires en cours au terrarium, je devais venir dans un endroit calme, rejoindre un contact pour avoir des renseignements, et je le pensais sincère, mais à Londres la folle, et la traitresse, on ne peut vraiment se fier à personne. Bien que je la pense de confiance, je remarquais, au fur et à mesure de l’heure qui passe, dans cette étrange cacophonie de verre souillés d’alcool, de femme souillée de bien d’autres choses, je ne voyais personne venir. Refusant les avances d’une chère personne qui m’aurait fait payer cher pour avoir une maladie dont je ne voulais pas, pour quelques minutes dit, de plaisir, dans la rue, dans les odeurs de poisson pourris, et sans aucun respect de la vie humaine ou animale ? Non, très peu pour moi, je côtoyais des Lords, il n’était pas bien que je me lâche de la sorte, puis de toute façon ce n’était pas ma mentalité. Alors regardant ma choppe, perplexe au possible, je comptais les mouches qui allaient et venaient suivant des circonvolutions qui auraient pu donner envie à mon cher ami. Je suis encore seul, mais je ne pensais pas vraiment à quoi que ce soit. Mon contact avait sans doute eu peur, et ainsi, je comprends bien mieux son silence et sa non venue, ou pire encore, peut-être était-il mort, tué par un accident impromptu provoqué par le hasard et une main belliqueuse.

Je n’avais pas d’arme sur moi, je n’avais ni la prévoyance de Riffel, ni le goût du risques cependant. Mais je dois bien avouer que j’étais plutôt idiot sur le coup, je ne l’ai compris que bien plus tard quand je regardant dans la doublure de mon manteau le simple couteau à lame fine que je porte toujours depuis le premier coup de poing. Puis dans la rue, sans aucune arme.. Comment donc, je devrais arrêter de m’en faire parce que j’ai un couteau ? Vérifions une théorie voulez-vous ? Les revolvers de notre époque tirent une balle à une telle vitesse qu’à peine aurais-je le temps de ôter le pan de tissu que la balle me remerciera d’avoir enlevé une couche. Non, croyez-le, une lame de nos jours est bonne contre les brigands de troisième zone, pas pour ces gens-là. Perdu dans mes pensées je voyais la porte, enfin, plutôt une ombre filer, comme une furie apeurée vers une table vide. Penchant lentement la tête, Kain avait sans doute ce sixième sens qui me fit défaut de ressentir l’odeur des Arcanes, mais sans réellement le savoir de toute façon, fixant cette dernière, je gardais toujours ma capacité de réflexion.

Avez-vous remarqué comme il est étrange, quand on a rien à faire, rien à penser, le temps est d’une lenteur, mais quand quelque chose attire votre attention, il vous arrive presque d’oublier ce que vous étiez en train de faire l’instant d’avant. Regardant ma montre à gousset, quelque peu irrité de ne pas voir ce qui était évident, elle était là. J’entendais dehors un cri, une horreur venait de se produire non loin, d’ailleurs, les poivrots, encore trop plein pour réfléchir, sortirent en trombe…enfin, en titubant plutôt, afin d’étancher une autre soif, celle du morbide. De ce fait nous étions en face à face, avec quelques tables de séparation. Comment réagir, de façon simple et noble, cela se voyait sur le visage que je n’étais pas qu’un simple client, même si j’étais habillé de façon plus simple qu’habituellement. La trahison n’était pas mon style. Si l’horreur m’était fait de rencontrer d’autres arcanes le même jour, j’aurais pu croire que l’enfer était arrivé prématurément, mais non de plus, elle semblait plus effrayée que réellement maitresse de ses mouvements. Je la reconnu une fois dans la lumière. Aussi, je me levai, laissant mon verre aux insectes volants et rampants, et m’assied sur la table à côté, les jambes croisées.

-Il semblerai, ma chère que ce ne soit pas votre jour..
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Arcane Majeur
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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Sam 30 Oct - 23:23

Le répit sembla bien court à Ana, déjà approchait une silhouette qu'elle connaissait et n'avait pas forcément envie de voir. Comment avait-elle pu ne pas se méfier! La roue de la fortune tournait doucement, elle le sentait, son cœur battait à la chamade. Le charmeur de serpent apparaissait dans la lumière. Comme la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, John Simon Cee portait à son cou, Kain, le serpent qui horrifiait Ana. Il n’avait guère changé en deux années. Oui, le temps n’avait que rongé leurs liens et non les apparences. Reconnaissant cet homme Ana ne pouvait qu’être encore plus apeurée. John était vassal de Cain Hargreaves, autant dire qu’ils étaient ennemies par prédéfinition et bien que cela ne plaise pas tout à fait à Mrs BitterTears, elle était forcée de combattre ne serais-ce que pour protéger sa petite et minable vie. Elle se rappelait les paroles du Cardmaster lorsqu’il l’avait accueilli parmi les arcanes majeurs. Elle devait mettre son passé de côté maintenant qu’elle bénéficiait d’une nouvelle existence et qu’elle était comptée dans l’élite. Tout aussi répugnant que cela pouvait lui sembler, elle était contrainte de s’en débarrasser. Lui qui avait tenté de la ramener à la raison lorsque Delilah commençait à s’emparer d’elle. Piètre récompense. Oui, elle avait choisi de ne pas fuir Lady Selene et la suite vous la connaissez.
Pour l’heure, l’adorateur de reptiles s’assit sur la table. La roue, tournait, tournait. Se levant sans même s’en rendre compte Ana foudroya l’impertinent du regard. Cette rage venue de nulle part, sentiment que l’arcane majeur ne connaissait que trop bien. C’était une mise en garde, un prélude. La symphonie commençait. N’importe quel idiot aurait pu remarquer ce qui se passait, ce n’était pas naturel. A chaque seconde écoulée, la colère d’Ana augmentait. Elle ne reprochait rien à John, du moins rien d’explicable avec ses mots à elle. Ses mauvais choix n’étaient pas les siens, il était libre lui ! Outre la colère qui obscurcissait ses traits, BitterTears se redressait ; elle semblait plus grande, perdait son côté enfant orpheline. On pouvait à présent lui donner son âge véritable. Sur son visage apparaissaient maintenant sa peine infinie mais dépassée par une douleur indescriptible. Ainsi exprimait-elle sa tristesse. La roue de la fortune révélait son plus grand paradoxe; elle n'était pas bourreau même en donnant la mort. Cette souffrance continuelle constituait son fardeau, la faisait esclave de ses maux et libérait une cruauté jusque lors insoupçonnée. L’insolente phrase de John tournait en son esprit. Mais elle fut rapidement remplacée par une d’Alexis Hargreaves, son seul mentor et plus grand allié [HS : se bercer d’illusion est le propre des pokémons ]

* «Détestes-les petite Ana, ils te le rendent bien, aucun d’entre eux ne t’as suffisamment aimé pour t’aider comme je le fis » *


Effectivement, la vérité apparaissait sous le voile, John ne s’était jamais intéressé à elle. Il n’était qu’un hypocrite et un menteur de plus. Rien n'existait plus pour Ana hormis l'ivresse de cette colère sans limites. Elle se trouvait désormais exactement à l'opposé d'elle même. La douceur et la lenteur qui la rendaient habituellement inoffensive n'existaient plus ni même sa trop grande compassion. Elle était incontrôlable, la foudre allait tomber, et dieu seul savait où. Ni maîtresse des ses émotions ni capable de retenir sa main qui d'un coup de couteau assassinat un homme qui passait trop près d'elle. Ce crime passé dans l'ombre n'avait été vu que par le charmeur de serpent, seule personne assez proche d'Ana.
L'arcane majeur ne le lâchait toujours pas du regard. Qu'allait-il faire ? Le plus sage aurait été de fuir...
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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Dim 31 Oct - 9:54

(voici la musique associée au poste: Ici )

Il n’y a rien de pire que la fatalité, nous sommes tous identiques face aux divinités du destin disait l’adage, mais en fait, si on prend comme base qu’il n’y a qu’un dieu, c’était plutôt dangereux de croire aux autres, car après tout, il est tout puissant, et tellement bon qu’il ordonne de tuer en son nom, un peu comme s’il vous disait : « Allez, tue-le, met le sur ma note, après tout, j’en ai déjà pas mal à mon compte » Oui, Dieu et sans aucun doute le plus grand tueur de tous les temps, mais malgré tout, on continue de le vénérer. Je me demandais toujours pourquoi nous pouvions, nous, créatures soit disant humaine, avoir une idée si stupide. Dieu existe-t-il ? Je pense que Dieu est mort, tué par ses propres enfants. Honnêtement ? C’est bien fait pour lui. Qu’en est-il de ce passé… Aucun médium, aucun faiseur de sorts ne peut réellement savoir ce que je pense dans ma pauvre tête de fou contrôlé par les fils de mon propre destin. Non, pire, je coupe ces fils, je les déchire devant toi, Dieu de misère. Que je sois crucifié pour cela, la tête en bas, je n’en ai rien à faire, je hurle silencieusement, ma haine de tout ce système qui m’étrangle, et regarde le chaos des Arcanes, comme autant de carte tombant au sol, d’un château éphémère qui ne mérite pas d’exister !

Ana était le parfait exemple de décadence, que je voulais éviter moi-même. Je suis méchant, vous ne trouvez pas, égoiste sans doute, bref, ce ne sont pas mes défauts qui m’étouffent, d’ailleurs j’en ai que faire, je suis horrible, oh oui, fustigez-moi. Alors que le chaos régnait en Londres la maudite, j’avais vu cette personne, je l’avais mise en garde, ce que je ne fais jamais, alors que j’étais dans un état second, sans doute encore trop sensible pour l’époque, trop jeune pour comprendre, pour essayer d’être autre chose que ce que je ne suis aujourd’hui. Rejoins les poisons, lui ai-je dit, si tu tiens à la vie et à ta raison, je te préviens, je ne suis pas du style à réitérer mes propositions. Mais voilà, tout n’était qu’horrible coups de ce cher divin qui nous nargue, comme une boite de pandore entrouverte, libérée de ses chaines. Il n’y avait plus personne, et je la vis donc, toujours fidèle à elle-même. Entre Frayeur et contrôle d’elle-même, entre rage, haine, et soumission. Regrettais-je le fait qu’elle nous ait refusé son aide… Non, pas du tout. Après tout, nous sommes maîtres de notre vie, et de notre corps. Personne ne devrait choisir qui tue, qui vie, et qui meurt. Personne ne devrait vendre son âme au diable aux cheveux argentés [Hs : devine qui c’est^^] qui se cache derrière le bouclier d’une espérance perdue. J’ai vécu un enfer, je suis mort et je suis né à nouveau de mes cendres. Je ne suis pas pour autant un phénix, il est trop noble pour le souillon que je suis.

- Que sommes-nous à présent… Deux marionnettes ? Enfin, pour l’instant, je n’en connais qu’une seule… Et cela ne me peine pas, comparativement à ce que l’on pourrait croire. Vous êtes… mais serez-vous encore longtemps vous-même ?..

Me penchant lentement, à son oreille, murmurant un sourire cruel aux lèvres, je n’en avais plus rien à faire, si elle devait se confronter à moi, autant devenir l’automate brisé, perdant ses rouages de glaise, je m’en fichais complétement, Kain était stoïque, bien qu’il semble me prévenir de me méfier de ce qu’elle pouvait me faire, je murmurais, oui, non, mieux, susurrait à son intention.

-A moins que vous ne soyez déjà plus qu’un simple pantin de chair dénué de votre propre volonté ? N’entendez-vous point votre propre cœur vous crier au secours, à l’heure actuelle ? Angoisse ennemie, qui vous prend à la gorge… Etes-vous consciente dès lors que nous ne pouvons plus nous parler autre qu’en ennemi mortel… ?

Ma voix était comparable à celle de mes chéris, trainant légèrement les « s » et parlant tel un charmeur, oui, charmeur de serpents, pouvant s’enrouler autour de votre gorge, autour de vos pensées, et de votre être, nous torturant, avec délice de votre propre mal. Je suis la pestilence des destructeurs d’Arcanes, je brise les mystères, et les énigmes pour mon propre plaisir. Je ne suis pas quelqu’un de gentil, loin s’en faut pour le dire. Mais en doutiez-vous ? Elle avait tué quelqu’un sous mes yeux, qu’espérait-elle ? Que je pousse de grands cris effrayés, ou indignés ? Sans doute cet homme était là pour se saouler, puis rentrerai chez lui, pour soumettre sa femme à ses jeux lubriques, ou battre sa famille entière avec délice, finalement, elle lui offrait un repos forcé, dans les vignes du Seigneur… Cela ne me fit ni chaud ni froid, après tout, elle n’avait attaqué personne que je connaissais. Mais à dire vrai, pas que cela ne me faisait rien, mais voyant cet homme allongé, je ne put que repenser à mon propre passé. Les yeux écarquillés, sans pourtant feindre la surprise, j’haussais les épaules, et secouant l’index avec la bague de phalange.

-Perdriez-vous la maîtrise de vos nerfs alors que ce n’est que le début de notre mortelle discussion ? Ou était-ce pour donner le ton de la rime, comme le « la » de la chanson ?
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Arcane Majeur
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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Mar 9 Nov - 14:11

John Simon Cee, fidèle à lui même tentait de troubler Ana. Ne voyait-il pas qu'en sorte de transe elle n'entendait plus rien ? Contenant cette force trop grande pour elle, BitterTears était dangereuse. La roue était fixe, ne bougerait plus avant un long moment. Il lui fallait supporter cet état destructeur. Cherchant refuge, elle n’avait trouvé que la haine. Ceci était la preuve qu’elle n’était qu’un pantin s’emmêlant comme un insecte pris au piège dans une toile d’araignée. Sa pensée ne lui appartenait plus ; elle qui avait toujours tenté de s’éloigner du sentiment que se partageaient les arcanes se rendait compte d’être probablement la plus sujette à ce ressentiment. A quoi bon cacher la réalité ? Ni lui, ni elle n’étaient forts ni même maitre de leur propre destiné, cependant quand dans cet état second elle était amène de décider de la fin. Fut un temps où John la connut, à l’évidence cette époque était révolue.
John n’ignorait rien d’elle et surtout pas son vœux de silence, la provoquer à outrance libérerait probablement les mots d’Ana et il le savait. Quand on perd la maitrise, on comble l’absence de conscience par des phrases vides de sens pour camoufler au mieux son trop grand vide intérieur.
Enfin, l'humeur d'Ana s'était stabilisée, elle cessa de le regarder dans les yeux.
Le babillage allait sortir, elle n'était pas pour autant devenue moins explosive, seulement elle maîtrisait ce sur quoi la roue s'était arrêté. N'avait-elle pas dû se combattre elle-même avant sa résurrection ?
Non, BitterTears ne voulait pas particulièrement de mal à John Simon, du moins tant qu'il ne resterait qu'un petit provocateur. Les satyres et ironies n'étaient pas les sports préférés des arcanes ?

"Bavardons comme de vieilles connaissances, veux-tu ?"


Canalisant toujours ses nerfs, elle fit signe au serveur d'approcher, commanda les premières choses qu'il lui proposait sans réellement y prêter attention et reporta son attention sur le charmeur de serpent en lui faisant signe de s'asseoir avec elle... S'il l'osait ...
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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Jeu 16 Déc - 13:32

La peur, ce n’était pas vraiment mon pain quotidien, de qui pouvais-je avoir peur à part de celui qui était déjà mort et de par ce fait ne pouvait plus m’atteindre ? Enfin, c’était toujours la part de chance ou de malchance qui résidait en chacun d’entre nous, et pour la peine, je ne savais quoi trop en penser, la façon dont se comportait Kain ne me rassurait guère, elle lança cette phrase complétement anodine par rapport à mon discours, ravalant discrètement ma salive, je regardais la place vide, l’idée même que je me faisais de cette rencontre n’était plus vraiment la rigolade, bien au contraire. Comme deux vieilles connaissances ? C’est ce que nous étions après tout depuis cette étrange affaire. Pourquoi devais-je m’en faire ? Nullement ! J’étais un poison, je savais me défendre, mais à la réflexion, je me doutais que tout n’était pas à mon avantage. D’ores et déjà j’entendis le serveur revenir, avec les consommations. Le temps pouvait passer rapidement, l’engrenage faisait le même effet sur les aiguilles que sur mon estomac.

-Si tel est votre désir…

Moins franc du collier me direz-vous ? Un serpent n’a pas beaucoup de choix dans la vie, soit il attaque rapidement, soit il observe, s’il attaque au mauvais moment ou la mauvaise personne, il se retrouve condamné. J’en suis encore une fois le parfait pantomime. Je m’asseyais donc, sans trop prêter attention à autre chose que le regard de cette chère personne. Je n’avais pas prévu que cela tournerai comme cela, en fait, je ne sais plus vraiment ce que je cherchais en voulant lui parler. La convaincre ? Mais de quoi donc si elle était heureuse de la sorte ? Non, elle ne l’était pas, mais ce n’était pas mon problème après tout. Mais cela risquait de le devenir si je continuais à jouer au petit idiot.

-Deux vieilles connaissances, comme c’est charmant de votre part. Alors commençons donc notre discussion civilisée. Comment allez-vous ?

La voix plus douce, transformée, il fallait bien que je m’adapte, qu’avais-je contre elle, rien de plus qu’avant qu’elle ne soit chez Delilah. L’ennui, c’était sans doute qu’elle était officiellement une ennemie, et donc je ne pouvais pas me permettre un seul faux pas. Deux vieilles connaissances, cette parole avait trotté dans ma tête pendant pas mal de minutes dans un silence quasi-complet, puis penchant la tête un peu, la regardant à nouveau droit dans les yeux.

-Pensez-vous que nous aurions pu éviter, l’un et l’autre ce genre de conflit, comme si aucun de nous n’avait été embourbé dans cette histoire qui nous dépasse ? Si je dois être honnête avec vous, je ne regrette en rien ma place. Cependant, je trouve que cela ne se trouve plus vraiment à notre portée. Ni la vôtre… Ni la mienne. Après, je préfère me conduire comme un observateur patient. Peut-être que quelque chose fera trembler la terre à nouveau et battre les cartes de la destiné.

C’est vrai cela. Qu’aurais-je été si je n’avais pas connu le comte et tout ce fatras de circonstances qui ont fait que je suis devenu ce que je suis ? Aurais-je pu éviter tout ce ramdam moral ? Cela revient à se poser une question simple. Ai-je une conscience ? Je ne savais étrangement pas répondre moi-même à cela. Nous avons tous un lien infime avec les autres, autant qu’il était possible d’être une victime à tort ou à raison de cette guerre. Une guerre, qui ne se voit pas, qui n’a que l’odeur de la mort subtile. Il n’y avait aucun bon côté à être de l’une ou de l’autre classe. Cela le devenait même pas quand les deux clans se percutaient. Que l’un ou l’autre soit le vainqueur, cela importait peu finalement. Tout le monde allait souffrir…Aaah… la souffrance…
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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Jeu 16 Déc - 22:09

Discussion civilisée ? Depuis quand John Simon était civilisé ? Il ne lui fallait pas oublier qu'Ana était de "l'autre coté" même si elle ne comprenait pas réellement pourquoi. Là n'était de toutes façons pas le propos. Ses nerfs toujours à rude épreuve elle esquissa une sorte de sourire grimaçant qui se voulait encourageant. Malheureusement il est de notoriété publique qu'Ana est une très mauvaise comédienne. John n'allait pas tarder à se rendre compte qu'en réalité ce n'était pas parce qu'elle se contenait qu'elle se maîtrisait. Et son petit meurtre gratuit l'avait déjà plongé dans un état pitoyable et proche de la folie douce. Non, vraiment c'était une très mauvaise soirée pour Mrs BitterTears. Ou du moins cette soirée n'était pas propice aux étranges rencontres. Allons bon, John se sentait d'humeur moralisatrice. L'écoutant que d'une oreille et le regard résolument fixé en face d'elle, Ana observait le mur. Il était d'un blanc cassé absolument magnifique si ce n'est quelques endroits verdâtres dus à l'humidité, mais quelle magnificence !
Les vertus calmantes du mur furent de courte durée.

"mme un observateur patient. Peut-être que quelque chose fera trembler la terre à nouveau et battre les cartes de la destiné."


Alors ça, c'était bien la plus grande hantise d'Ana, maintenant qu'elle avait une place... John usait volontairement de ce genre de phrases. Sans doutes espérait-il qu'elle lui dévoile qu'elle était arcane majeur et pendant qu'il y était quel chemin avait-elle parcouru pour obtenir ce rang... Cinglé. Tous des aliénés abrutis en train de tirer les ficelles essayant de trouver la bonne. Il n'y avait vraiment pas un crétin pour en rattraper un autre. Lasse, Ana but son verre d'une traite et en commanda un autre. Elle se fichait éperdument de savoir si John l'avait empoisonné, d'ailleurs aurait-il possédé ce qu'il faut de courage et d'inhumanité pour le faire ?

"Tu nourris de beaux rêves pour un désillusionné. C'est ainsi qu'il vous tient ?"


Bien sur elle visait Cain. Le fils renié et mille fois maudit de son cher Alexis. Elle avait dit ce "il" avait un dégoût très prononcé, sans le connaitre bien entendu. Mais sa dévotion envers le card master n'avait d'égale.
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MessageSujet: Re: The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]   Lun 4 Avr - 14:37

Nous tenir… On parle de lui comme d’un maître tenant en laisse ses chiens fondus pour devenir des fins limiers afin de stopper la gangrène de Londres. Oui, c’était sans doute une façon très peu poétique de le voir mais plus ressemblante il est vrai. Combien suivaient Cain C Hargreaves sans réellement le comprendre ? Moi, je le comprenais de par cette monstrueuse ressemblance dans notre passé, mais celui lui donnait-il le droit de me donner l’os et la pitance comme un canidé de basse classe ? Oui, je suis né dans le quartier des bordels, et nul ne me fit à part moi-même, au tour de bras, et de la ruse des rues. Me tenir de la sorte serait un aveu de faiblesse que je n’avais point encore. J’ignorais cependant jusque quand cette mascarade aurait lieu, et quels étaient les vraies motivations de Cain. Car oui, il fallait bien l’avouer, j’avais beau lui parler souvent, être une sorte d’inverse pour lui, il était évident que nous n’étions pas du même monde. Grinçant des dents avec douceur et légèreté, je vis le coup de collier de la belle, enclin à boire l’alcool jusqu’à ce que fonde le réel avec l’irréel. J’avais honnêtement envie de la rejoindre dans les strates de l’oubli, mais je ne devais pas oublier son appartenance. Quelle importance, j’avais tant d’envie de pouvoir mettre la main mise, peut être même la récupérer, mais non. Impossible cependant n’est pas Anglais, et Kain me siffla à l’oreille. D’un geste du revers de la main, coinçant sa langue fourchue entre l’index et le majeur.

-Je n’ai pas envie…

Bien sûr, je parlais à mon reptilien ami, mais dieu seul savait sans doute pourquoi, cela pouvait aussi s’appliquer aux dires d’Ana. Oui, je n’avais pas envie d’être le chien de garde de Hargreaves, et même si je le considérais comme proche, je ne voulais pas être un Oscar bis, d’être parsemé par monts et par vaux, dans la seule idée d’un caprice Contesque. Il n’y avait rien à tirer de ce genre de relation de toute façon, et prenant mon verre, le digne John Simon Cee, redevient Simon. Le pauvre glaire de la société devant parcourir des pavés déchaussés pour rendre des services les plus grotesques que les autres. Devenir un Poison m’avait cependant aidé à faire pas mal de chemin. Le terrarium me respectait, et je pouvais donner l’illusion d’être noble. Tapotant de ma bague, quelques gouttes de poison suintant de la pointe comme l’encre d’un stylo, j’écrivais mon histoire dans le sang de mes victimes. Non, je n’étais pas noble. Je n’étais finalement..

-Qu’un meurtrier de plus dans cette bonne vieille Londres la magnifique…

Mes paroles et mes pensées s’allongèrent, non plus en parallèle mais bels et biens en simultanés, je devenais peu à peu le dingue de service. Non, je n’allais pas m’effeuiller devant une foule de saoul en délires, jouant avec mes mèches un temps, je levais l’index pour commander un autre verre. En précisant le propre, le barman tiqua. J’avais ce sourire reptilien des manipulateurs, mais j’en venais à me demander qui m’avait créé tel que j’étais. Alexis Hargreaves. Ce nom même faisait trembler tant les Poisons que les Arcanes, aussi éloignées soient-elles, je me demandais comment je pouvais réagir face à un tel personnage. Le masque était fêlé, comme lors d’une nuit de pleine lune, et bien malin était celui qui pouvait prédire l’avenir sur le front nu de ma vie.

-J’ai l’alcool mauvais, mais bon, je fais avec. Et pour répondre à votre question, mes rêves se sont éteints le jour où je découvris cette tour..Et tout ce qui est allé avec.

Tout Londres devenait fou, et dans une spirale sans doute étrange, j’en venais à me dire que j’étais un chanceux de première. Nous avons tous un don, quel était le mien à part celui de parler aux reptiles ? Kain s’inquiéta alors que je me regardais dans le fond de mon verre, pensif, j’avais perdu tant de mondes, avais-je des proches ? Certaines filles gentilles quand j’étais encore leur enfant à toutes. Non, je n’ai pas vraiment d’amis à part Cain Hargreaves, ce serpent qui me sert d’écharpe vivante, et j’en souffrais ? Peut-être, je n’en avais plus aucune idée, les vapeurs de l’alcool avaient couvert d’un faible rideau de brume mon esprit et tout ce qu’il pouvait sortir. Je ne peux pas dire que je perdais mon honneur, car je n’en ai pas, je ne peux pas non plus dire que mon âme va mal, en ai-je une ? Alors je me retournais à nouveau vers Bittertears, dont je n’avais pas oublié la présence fort heureusement.

-Dites-moi, qu’est-ce que l’âme..Et en avons-nous tous une.. ?
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The poison is soft, only when we share it [ John Simon Cee ]

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