Londres la grande se lamente dans un cri de douleur mais je vais la purifier en éliminant les basses classes, ces symboles de déchéance et de corruption.


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 Acte I : Il n'est point de magie en ce monde... [Pv Cain]

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Charmeur de Serpents
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Charmeur de Serpents

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MessageSujet: Acte I : Il n'est point de magie en ce monde... [Pv Cain]   Lun 25 Oct - 20:37

Le choix est souvent le moment propice à dévoiler la vraie nature des hommes.
John-Simon Cee


Le matin est semblable à la destruction de l’équilibre, de la toile sacrée des étoiles, et le tout dans un déchirement lumineux, Ah la lumière. J’ai ça en horreur, tout ce qui est brillant, Quand le mystère devient limpide, je m’en désintéresse comme de ma première chemise. Aussi, quand je le peux, je me glisse dans les recoins les plus sombres de la vie humaine. Nous sommes la semence de Dieu mélangé à celle du Diable, et notre existence elle-même est un pécher. Mais sous cette poésie lascive et débauchée, se trouve une autre idée de la naissance. Un miracle ? C’est relatif.

L’on m’avait appelé pour une raison simple, autant qu’étrange. Au terrarium de mes chers chéris avaient disparus, et un d’entre eux avait été retrouvé, sans la tête, tranché brutalement. Restant accroupit un instant, observant le cadavre sans réellement y toucher, je pris le stylo de mon collègue pour le retourner lentement, et voir le pourquoi de sa mort. C’était flagrant, mais il me fallait tout de même en avoir le cœur net. Soupirant, frottant doucement le stylo entre mes lèvres, les conclusions n’en étaient pas moins alarmistes. Mes connaissances sur le sujet me faisaient prendre conscience de pas mal de paramètres, surtout depuis la catastrophe des jardins. J’ignorais cependant qui aurait pu avoir gain à faire ceci, surtout comme ça, subitement, sans but précis ? Le simple plaisir ? Cette idée me fit hérisser ma queue de cheval.

Revenant à mon bureau, après avoir fait des funérailles décentes et une brève autopsie par-dessus le marché, le constat n’était pas brillant. Privé de sa tête, le serpent pouvait avoir perdu son identité, ce n’était pas le cas pour moi. Je sentais bien que quelque chose n’allait pas, surtout que personne ne pouvait avoir pu faire quoi que ce soit pendant mon absence. Soit il avait été déposé là, soit on l’avait tué, rapidement, je regardais les registres, pour vérifier, et soudain mon sang déjà froid se glaça d’autant plus ; Oui, nous en avions un, et pire encore, il était bien ce que je craignais. J’en connaissais un qui serait intrigué, mais rien que pour ça, nous ne pouvons déplacer le comte, pensif, je regardant les résultats de l’autopsie, pour ne pas trop dévoiler. Quelque chose, une voix dans la tête, me disait, me chuchotait que c’était important.

D’un côté, je savais qui aurait pu faire cela, c’était signé, c’était même dans la logique impromptue des choses, mais la question était pourquoi ? Récupérer le venin sans nul doute, mais pour quelle utilisation. Tuer ? Immuniser quelqu’un ? Trouver un antidote. Il fallait en avoir le cœur net, mais de cela je ne savais quoi faire, ni par où commencer mes recherches. Caressant la tête de mon fidèle Kain, après avoir pesé le pour et le contre, j’allais dans le bureau du directeur, lui demander son téléphone, et ainsi contacter mon cher reflet de noirceur, nous avions tellement à nous dire par moment qu’une après-midi ne suffisait rarement. Inutile cependant d’en rajouter, nous ne parlions que rarement de la pluie et du beau temps, mais bien sûr de notre préoccupation commune. Depuis un temps, je me demandais si les Arcanes allaient agir sur mon terrain, je n’aurais peut-être pas dû être si curieux. Toucher à mes serpents, c’est comme toucher à moi-même. Une fois avoir eu Riff au bout du fil, et ayant expliqué la situation, sans avoir le comte de l’autre côté, j’entendis un claquement de porte, suivit des excuse du majordome, bien sûr, c’était prévisible.

J’avais attendu dès lors, et une fois le temps bien passé, à potasser mon rapport, encore et encore, je n’y voyais aucune cohérence. Comme on dit souvent il y a plus de pensées dans deux têtes que dans une, certes, je suis bien d’accord. Surtout quelle tête. Je m’attendais à une sorte de loi des séries, mais en exposant le problème de la situation au comte Hargreaves, sans doute comprendrait-il pourquoi je l’ai fait appeler, car plus qu’une mort d’animal qui me tenait à cœur, ce dernier avait un venin puissant. Cain sait pertinemment que je ne le dérange jamais pour rien, ou peut-être pour le plaisir de parler avec lui ? Mais là ce n’était pas le cas, ça non. Je me doutais un peu de l’accueil que j’allais avoir, la pluie commençait à tomber dehors. Pourquoi tout fonctionnait de façon à sembler être le simulacre d’une tragédie. Sur le coup, je détestais cette pluie qui m’empêchait de me concentrer sur mon propre problème. Marchant dans le bureau, je décidais alors de rejoindre le hall du terrarium, de prendre les devants, ce qui était toujours appréciable.. C’est ainsi que je le vis. Entouré de tant de noirceur qu’il m’en fit des frissons. Si le monde brule de ses cendres cette aura perdurera encore des années et des années. Les yeux mi-clos, prisonnier de mes pensées, je devais m’isoler avec lui, parler.. Coûte que coûte.
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MessageSujet: Re: Acte I : Il n'est point de magie en ce monde... [Pv Cain]   Sam 30 Oct - 9:54

La journée commença tôt pour l’héritier Hargreaves, restait enfermé depuis l’aube entre les murs de l’une de ses réserves en laquelle trônaient divers flacons aux formes plus ou moins farfelues, minutieusement rangés sur les étagères d’une armoire de bois massif. La mort patientait docilement en ces écrins de verre, mettant sa faux éternelle au service de Lord Cain. Utilisant un protocole précis pour en dévoiler le contenu à ses prunelles affamées, le comte révéla les trésors de l’armoire qui jadis appartint à son paternel. Ce fut dans cette même armoire, il y a une dizaine d’années, en une nuit sombre, dépourvue de tout éclat lunaire, qu’un enfant déroba un flacon enfermant une fine poudre noire… Ce jour sa vie bascula et ainsi tout commença.

Balayant ces souvenirs de son esprit, le comte s’empara de l’un des récipients de verre. Liquide translucide aux reflets ambrés venant lécher les rebords de son châsse damné sous les mouvements de cette main passionnée, Cain l’approcha de son œil connaisseur. Il l’aligna avec la lumière des bougies se consumant lentement, dressées en un chandelier d’argent. Il ne s’agissait pas d’un poison. Jouant avec ces reflets dorés flattant ses maudites pupilles, le maitre montra un sourire discret étirant ses fines lèvres, témoin de sa satisfaction. Inodore, le fluide de vérité s’immisce dans un organisme, inhibant la censure qu’un esprit impose aux lèvres lorsque des mystères ne doivent pas être dévoilés. Profanatrice du tombeau des secrets, cette liqueur gorgée de lumière, intrigante et envoutante, permet de déverser sans retenu un flot de paroles sincères sur un événement récent de quelques jours. Cette chasse à la vérité, Cain l’organisait de façon subtile et propre, utilisant sa rhétorique empoisonnée comme prémices. Un fidèle de Gladstone avait goutté à ses voluptés, emportant son supérieur dans les flammes du purgatoire, attisées par les poisons et leur comte.
S’emparant d’un contenant plus petit, il transvasa quelques gouttes de cette semence qu’il fit disparaitre dans sa veste. Cain referma alors le miroir de son âme, scellant ses trésors jusqu’à sa prochaine excursion en ces lieux perdus dans les méandres du manoir des Hargreaves.

Se dirigeant vers ses appartements, le jeune comte croisa son majordome porteur d’une funeste nouvelle. Expliquant à son maitre ce qu’il s’était passé au terrarium d’un ton inquiet, Riff toisait son visage pali par la nouvelle. Mesurant la gravité de ce meurtre, de ce vol, Cain se laissa s’interroger sur les motivations d’un tel acte. Le venin sans nul doute. Du moins, en partie. Et il ne s’agissait pas de n’importe quel venin à en croire les dires de Riff. Il faisait partie des plus rares, l’exclusivité du terrarium de Londres dont la totalité des activités de manipulation sur les reptiles était accordée à un fidèle ami du comte, John Simon. Cain refusa de se voiler la face, gardant à l’esprit la pire des situations. Son père le narguait suite au scandale des jardins, attaquant les amis fidèles de son fils qui le suivaient et l’épaulaient dans sa lutte contre l’impensable. Toujours bien décidé à lui arracher des bras tout ce dont auquel il tient, il croit et se bat, Alexis Hargreaves ne s’en arrêterait pas à cela. Une mise en bouche tout au plus…

Alors que la pluie s’abattait violement sur les terres de sa demeure, le comte Hargreaves s’empara de son long manteau sombre avec lequel il couvrit son impeccable costume. Gantée de noir, sa main droite accueillit le pommeau d’une canne élégamment ciselée. Une canne que monsieur le comte affectionnait tout particulièrement, allez savoir pourquoi.

Pressant le pas sous les trombes d’eau, son haut de forme bien au sec sous le parapluie qu’un domestique dressa au dessus de lui jusqu’à ce que ses pieds parvinrent sur la marche du fiacre qu’il avait fait atteler précipitamment. En direction du centre de la capitale, là où son ami herpétologue l’attendait. Adossé contre le rembourrage de velours, l’esprit du comte se laissait assiéger de questions. Il ne prendrait pas la mort de ce reptile à la légère. Alors que la pluie frappait le toit de la voiture dans une cacophonie insupportable, le jeune comte mesurait les possibilités que les venins de serpent lui offraient. La petite fiole logée contre sa poitrine en faisait partie…

Le comte ne connaissait pas grand-chose sur l’influence des venins reptiliens sur le système nerveux mais il savait pertinemment qu’un composant inconnu se cachait derrière la mort d’une morsure, une molécule capable de s’introduire dans les méandres des pensées d’un homme et d’en livrer tous les secrets ou de s’emparer d’une âme et la rendre à jamais esclave. Autant de possibilités qui semblaient totalement irréalistes mais qui, appariées au nom de Delilah, prenaient un tout autre sens.

Le fiacre se stoppa en un long hennissement, le cochet fit descendre monsieur le comte en s’assurant qu’aucune goutte de pluie ne se déverse sur son visage blafard. La réserve biologique de Londres était immense mais ce n’était pas la première fois que Cain venait rendre visite à Mr Cee. Il prit d’un pas pressé la direction du terrarium. Passant près des plantes tropicales sous serres, il eut une pensée pour Abigail imaginant que toutes ces plantes exceptionnelles feraient son bonheur. L’héritier Hargreaves arriva enfin en la demeure des reptiles, royaume glacé au sommet duquel trônait un homme au regard intrigant, tout autant que celui du comte. Et en cela ne résidait pas leur seule similitude… Regard surmonté de mèches virant sur le rouge que les orbes envoutant de l’enfant maudit croisa enfin. Prenant le temps de le saluer comme il le devait, Cain ne s’attarda pas sur ces formalités. Passant directement au vif du sujet, il demanda alors que le récit de ce qu’il s’était passé cette nuit lui soit conté ainsi que les premières conclusions qui en découlaient.


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MessageSujet: Re: Acte I : Il n'est point de magie en ce monde... [Pv Cain]   Sam 30 Oct - 17:12

En d’autres circonstance peut-être aurais-je pu voir de la joie sur un visage triste, la déceler, mais celui de mon patron était d’autant plus sombre qu’il n’appréciait pas le comte, alors quand ce dernier entra, il se détourna, pour continuer sa déposition des plus inutiles. Scotland Yard était formel, ce n’était qu’un animal. De toute façon, cela ne servait à rien, ils ne pouvaient comprendre ce que nous, nous pouvions. Il était exclu qu’ils sachent, je pris donc la liberté, comme souvent d’ailleurs, d’emmener le comte à mon bureau, ayant tout le luxe disponible pour un employé de ma hauteur, cela me faisait tiquer, n’ayant vraiment pas cela à mon avantage. Il y avait une bouteille d’alcool, assez vieille, mais que je n’ouvrais que très rarement. En réalité, je n’en buvait pas une goutte, je préférais laisser cela à mes invités, aussi rare fussent-ils. Mais ce n’était pas par politesse qu’il était venu, bien malheureusement. Déposant le fauteuil qui me servait habituellement, bien plus confortable en réalité, et m’asseyant sur la chaise normale, déjà pourtant de bonne facture, les coudes sur la table, les doigts croisés, le front sur ceux-ci, faisant tinter mes bagues, cherchant mes mots. Puis redressant lentement mon buste, effleurant pensivement la tête de Kain à nouveau, je savais qu’il s’impatientait, mais qu’en pouvais-je ?

-Pardonnez-moi le silence, je cherchais comment résumer l’affaire. Le mieux serait de vous montrer les rapports, les dessins associés également.

Il fallait savoir qu’il était impossible à notre époque de baisser les trépieds des appareils photos, soupirant d’ailleurs, cela faisait prendre un temps fou. Mais en l’état, cela était que mieux, je pouvais le jour même montrer l’horreur que j’avais pu voir de mes propres yeux. Il y avait eu un vrai massacre, la tête tranchée les glandes à venins étaient vraisemblablement la cible.

-Bien, ce serpent possède un venin qui est un puissant somnifère, il abruti aussi bien le corps, que l’esprit, et permet entre autre de manipuler comme une marionnette la personne visée, avec ce petit plus si amusant qu’il le tue à petit feu, le tout dans la douleur bien sûr, mais sans pour autant laisser de trace, poussant en réalité jusque la folie et pour la plupart du temps, le suicide. Pratique n’est-il pas ?

Je pensais avoir été clair, en réalité je m’étais fait peur tout seul à dire les choses de façon si directe, en y repensant cela ne pouvait pas être un hasard, je me demandais si le comte savait déjà cela, ce qui n’aurait pas été étonnant, les venins et les poisons sont atrocement liés, et les uns servant pour la réalisation des autres de temps à autre, le comte des poisons était bien placé pour le savoir, les yeux mi-clos, je continuais alors.

-Je ne sais pas qui aurait eu accès aux vitrines, sachant que deux personnes possèdent la clef, le patron, bien sûr, et moi-même, et pour avoir la clef, il faut me passer sur le corps, ce qui, vous me conviendrez, est plutôt difficile… Pourquoi je dis cela, car aucune vitrine ne fut brisée, et pire encore, seul ce serpent manque à l’appel. Ce n’est pas non plus une attaque isolée. Il fallait s’y connaître en herpétologie pour avoir ce dernier. Aucune riposte, je pense qu’il a sorti le serpent, fait croire à une fuite ou je ne sais quoi, et une mort rapide. La tête fut ensuite ôtée, pour récupérer les glandes à venin.

Mon rapport venait à sa fin, toujours sérieux, je me levais, allant à la fenêtre, pensif, jouant de mes bagues afin de me calmer bien que je n’aie pas vraiment l’air énervé comme cela, j’étais surtout tracassé, avec cette odeur dans le nez, non celle du sang, mais un parfum, que j’avais déjà senti, mais dont la provenance m’était devenue étrangère. Kain regardait le comte, ayant plus ou moins le même nom, ce fut tout de même assez ironique, mais j’aime l’ironie, elle est en quelque sorte mon moteur, me mordant la lèvre inférieure, je revenais à mon bureau, tapotant de ma bague sur le rapport.

-Il n’y a eu aucune effraction, aucun signe de lutte, et Scotland Yard se fiche pas mal de ce qui pourrait se passer, pour eux, c’est au pire un serpent qui s’est pris dans une porte, bien que la porte soit à plus de 5 mètres du corps. Tant que ce n’est pas une mort humaine, c’est trop subtil pour eux. Maintenant il est clair que celui ou celle qui a fait ça avait une idée en tête, et je doute que ce soit une histoire hors de la notre. Cette race, il n’y en avait que deux au terrarium, le second, je l’ai sur les épaules à l’heure actuelle….

Voila ce qui faisait clairement penser à Delilah, puisqu’il n’avait sans aucun doute pas été choisi au hasard, il était comme le mien, dont fort heureusement, je ne me sépare presque jamais. Soupirant faiblement, je regardais le comte aux yeux mordorés, peiné sans réellement le montrer, mais je me demandais réellement pourquoi toujours s’acharner de la sorte sur l’entourage du comte, mais jamais réellement lui directement, c’était un jeu de chat de la souris assez vicieux, mais qui étrangement me plaisait, cela me donnait envie d’en savoir plus sur ce cher personnage à l’âme si noire, ne lui voulant aucun mal cependant, je préférerai mourir que devenir une personne de cette secte, qui, entre nous me laissait de marbre, sauf dans des cas comme celui-ci. Je ne nourris aucune haine profonde, je ne suis pas faible d’esprit, comparés à certains.
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MessageSujet: Re: Acte I : Il n'est point de magie en ce monde... [Pv Cain]   Sam 27 Nov - 17:23

Ce jour, avant son saut de l’ange, il osa lui reprocher qu’il n’était que le fils d’un démon… Et quel démon.

Conduisant le comte Hargreaves vers son bureau, JS s’enfermait dans un silence témoignant entre autre, il se l’était suggéré, la déchirure qu’il avait pu éprouver, la perte d’un de ses chéris dont la vie valait bien plus que celle d’un homme. Cain respectait ce qu’il considérait comme un deuil, le suivant sans dire mot à travers ces couloirs qu’il connaissait bien et pour cause, ce n’était pas la première fois que le comte se déplaçait au terrarium. Il aurait néanmoins préféré qu’une cause moins sombre l’y ait amené mais ainsi soit il, côtoyer la mort était devenu tellement banal. Cain ne la connaissait que trop bien.

Profitant du silence pour organiser ses premières réflexions basées uniquement sur ce que Riff lui avait dit le regard inquiet, Cain ne perdait pas des yeux son cher acolyte, sa gestuelle s’appariant à son silence religieux. Assis sur une chaise, perdue en un coin du bureau à leur arrivée, JS en proie à ses pensées devait se soumettre à la même tache que Cain. Les doigts squelettiques enlacés les uns aux autres, une mèches ensanglantée cachant son regard jaune, baissé, et le tintement des anneaux ornant ses phalanges brisant un silence devenu pesant et bien trop long finirent par déboucher sur des excuses. A quoi servaient-elles ? Le comte Hargreaves avait pris soin de ne montrer aucun signe d’impatience qui d’ailleurs était inexistante, il ne faisait que le regarder. Plus il le regardait, plus il infirmait le fruit de la courte réflexion qu’il s’était autorisée en venant jusqu’ici. La signature du Card Master devenait limpide.

Alors que Cain s’installait dans le fauteuil qu’on lui avait octroyé, souriant brièvement à cette attention toute particulière, il ne perdit pas un mot des mots qui s’échappaient des fines lèvres de son vis-à-vis, son regard était tout aussi attentif. Commençant par rappeler brièvement les effets du venin du serpent en question, qui confirmait bien entendu que le choix du serpent ne fut pas futile. La manipulation. Le nom d’Alexis était quasiment écrit à l’encre bleue néanmoins il y avait toujours cette incohérence. Le jeune comte en attendait davantage mais la tournure que prenait la situation n’était guère plaisante.

Aucune effraction, aucun signe de lutte, un coupable possédant nombre de connaissances en herpétologie, qui était forcement bien au courant du fonctionnement du terrarium et de la présence de deux clés uniques dont l’une est quasiment inaccessible. Les glandes à venin… C’était en effet ce qu’on l’on pourrait penser ou plutôt ce à quoi l’on voulait faire penser. Le monologue de John semblait toucher à sa fin, il se déplaça vers la fenêtre, s’égarant quelque temps mais veillant à toujours faire retentir le léger tintement de ses bagues pour ne laisser le silence s’installer.
Le serpent ourlant le cou de l’expert se mouvait de façon lente et calme, se dressant légèrement, les rétines du reptile se mirent à fixer celle du comte. Regard jaune intense, JS possédait le même. S’imaginant la subtile empathie qui semblait régner entre les deux êtres que Cain d’ailleurs n’avait jamais vus séparés, ses tympans restèrent attentifs aux derniers mots prononcés par JS. Ne voulant briser l’échange que le serpent lui proposait, il continua à fixer l’animal, à le scruter sans gêne. Remontant bien des années dans le passé, alors que lui-même avait toujours été privé de son animal fétiche, sauvagement arraché de ses bras frêles d’enfant, il s’imaginait pouvoir lire dans ses yeux humides quelque chose qu’il était vain de chercher dans les prunelles de l’homme lui faisant face et qui venait de confirmer ses dernières craintes. Arraché.

* Il n’y en avait que deux au terrarium, le second, je l’ai sur les épaules à l’heure actuelle…*
Le second qui ne portait rien d’autre que le nom de l’enfant maudit.
Le venin ne fut qu’un moyen de donner le change, Cain voyait en cet acte un avertissement. Il revoyait son père le sourire en coin, animé de son cynisme habituel. « As-tu oublié la signification de la marque du démon qui orne ton dos ? ». Un clin d’œil au passé mais aujourd’hui, ce n’étaient plus les animaux qui intéressaient son paternel. Cremone, le Card Master l’attendait depuis bien longtemps même s’il l’avait forcement cacher à ses sbires afin de les garder dans ses jougs, les laissant suivre aveuglement une cause illusoire. Ce n’était que ce jeu là qui l’intéressait. Il ne s’attaquera, donc, jamais à la chair de son fils. Désormais, un troupeau d’agneaux haineux l'entoure, un troupeau dans lequel Alexis commence à piocher de façon méthodique.
Cette nuit là, la proie ne fut en aucun cas le serpent.

Ce jeu malsain auquel arcanes et poisons sont contraints de rejoindre et participer activement, s’affirme de plus en plus...

Le comte Hargreaves posa enfin ses pupilles gorgées de poisons dans celles de JS en lesquelles il parvint à déceler ce qui l’apparenta à de la peine. La peine d’avoir perdu un de ses chers reptiles ou celle ressentie en prenant conscience des motivations du Card Master et donc celles de Delilah…
Se levant de son fauteuil, Cain s’avança vers la fenêtre du bureau animé d’une démarche lente et posée, lorgnant de façon brève les torrents qui s’abattaient sur la capitale. Pensif. Il se retourna alors vers lui, posant son regard sur le sien.

« Scotland Yard est dépassée par les événements depuis longtemps et ignore complètement notre histoire comme tu l’as si bien dit. La situation n’est pas tout fait celle que je m’étais imaginée de prime abord. Alors que l’implication de mon père dans la mort de ce serpent est une évidence, ses motivations le sont moins. »
Le venin ? Cain n’y croyait pas. Son père savait parfaitement que son fils couplait les venins à des dérivés de poisons sensés ne plus exister en ce bas monde. Utiliser les poisons pour atteindre Cain était une idée bien utopique, à moins que cet acte ne fût pas sous les directives du Card Master. Un arcane pris d’une soudaine lubie ? Delilah serait en friche si c’était le cas ou alors l’arcane en question venait de s’enterrer. Le comte Hargreaves ne connaissait son père que trop bien…

« JS, je pense que tu préféras croire que ce serpent est mort pour son venin offrant tant de possibilités mais je crains qu’il n’en soit rien. Si tu me dis que ce serpent gratifié de mon prénom à une lettre près est désormais le dernier du terrarium, le message s’éclaircit. »
N’allant pas jusqu’au bout de son idée, il laissa le soin à son vis-à-vis de conclure. Il se pouvait qu’il n’ait, également, pas envie de ressasser une fois encore son propre passé même si toutes les attaques de Delilah y faisaient référence.

« Quant à l’identité du coupable… »

Ce fut une perche acéré qu’Alexis Hargreaves tendait à son fils. Fidèle à son cynisme habituel, le Card Master se réjouirait de voir son black sheep évoluer dans cet infâme jeu de piste sans le sous estimer pour autant. La principale différence entre un arcane et un poison :l’un est un pion gardien du roi, l’autre ne l’est pas.

« … je serais tenté de rechercher vers les personnes que tu as côtoyées, qui te connaissent plus où moins. Combien peuvent jouir de la connaissance du nom du serpent que tes épaules portent en ce moment même ? »
Fort peu, Cain l’espérait. Car le choix du serpent n’avait pas été fait par rapport à son venin, il en était quasiment certain après le récit de l'expert.

S’approchant doucement de lui, le comte adoucit légèrement son visage, cette expression, on ne la voyait que très rarement se dessiner sur ce faciès suscitant bien des fantasmes.

« Je sais à quel point tu les aimes… »


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Acte I : Il n'est point de magie en ce monde... [Pv Cain]

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